On ne sort pas indemne de la rétrospective consacrée à Otobong Nkanga au Musée d'Art Moderne de Paris. A cause du propos décolonial et écologique mais surtout à cause de la force de son expression.
Elle réveille des objets antagoniques et révèle des forces contradictoires :
- les aiguilles ne servent pas qu'à coudre, elles déchirent
- les mains ne servent pas qu'à soigner, elles accaparent
- la terre ne sert pas qu'à bâtir, elle ensevelit
- l'eau ne sert pas qu'à abreuver, elle inonde
- les liens ne servent pas qu'à relier, ils enchainent
J'aime l'idée qu'un musée de renom comme le MAM de Paris rende hommage à une artiste vivante, contemporaine. J'aime aussi l'idée que cette artiste soit femme, puissante et noire. Comme une revanche bien méritée.
Pourtant, je suis sortie triste et déçue du musée. Je voulais "rêver de nous en couleurs" mais je me suis sentie minérale et enchainée. Comme pétrifiée. Avec le besoin d'être soignée et réparée.
J'ai tellement mal au monde que je cherche de la légèreté.
Tellement mal à l'avenir, que j'ai besoin de respirer.
Sans doute, Otobong Nkanga atteint son objectif.
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