Nous sommes allés au Louvre, voir "l'expérience de la nature, les arts à Prague à la cour de Rodolphe II". Cette petite exposition m'a permis de découvrir Rolandt SAVERY et j'en suis enchantée. J'ai adoré ses paradis, la mise en scène d'animaux tropicaux de toute sorte au milieu des forêts sombres et enchantées d'Europe de l'Est. Scotchée aussi par les dessins de paysage si fins, si fouillés, qui expriment la force des forêts et montagnes alentour.
Et puis l'expo retrace aussi la fascination de la découverte et de la description de la nature, les dessins botaniques, les livres sur les pierres, le début de ce besoin de nommer et de classer.
Ses dessins sur la puissance de la forêt amazonienne ont attiré l’attention d’innombrables publics en Colombie et dans le monde entier. Abel Rodríguez, artiste et érudit de la communauté Nonuya, a consacré sa vie à immortaliser les espèces végétales et animales préservées dans sa mémoire. Il est décédé ce jeudi 10 avril 2025 à l'âge de 84 ans. « Ses œuvres témoignent avec force de la relation étroite entre l'homme et la jungle, et constituent une forme de résistance à l'oubli et à la disparition de la culture. Dans chaque trait, dans chaque récit, il a su capturer la richesse spirituelle, écologique et symbolique des peuples autochtones du bassin du fleuve Cahuinarí » a déclaré le Musée national de Colombie dans un communiqué de deuil.
Rodríguez est né en 1941 dans un territoire appelé "La Chorrera", niché entre la rivière Cahuinarí et le cours supérieur de la rivière Igara-Paraná, près de la frontière avec le Brésil. Son nom ancestral était Mogaje Guihu, ce qui signifie en espagnol « plumes de faucon brillantes ». Dans les années 1990, un déplacement forcé l’a contraint à quitter les profondeurs de la jungle. Les connaissances transmises par sa famille dès son enfance ont résisté à la cruauté de la violence contre les peuples autochtones et ont été préservées à travers des dessins et des mots. Ses œuvres montrent la finesse détaillée des feuilles, des branches, des arbres, des animaux et des rivières qui l’entouraient depuis son enfance. L'artiste a illustré plus de 400 arbres amazoniens avec une capacité fascinante qui lui a valu le surnom de « celui qui nomme les plantes».
«Enfant, j'étais curieux. J'ai appris des choses sur les plantes, les animaux et les mots grâce au mamo (chef spirituel), et c'est ainsi qu'au fil du temps, on m'a appelé "celui qui donne des noms aux plantes". Ce savoir n'est pas biologique, mais plutôt lié matériellement, spirituellement et émotionnellement à la jungle, à son énergie», a-t-il raconté dans un recueil de conversations de 2024 cité par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York.
À son arrivée à Bogotá après son déplacement, il a pris contact avec l'ONG néerlandaise Tropenbos, qui promeut la conservation des forêts. Il avait travaillé avec cette organisation auparavant, en tant que guide pour identifier les plantes de son territoire. Depuis lors, ses dessins, en plus de devenir une source de revenus, ont permis la classification des espèces d'arbres et de plantes et ont contribué au développement de la recherche scientifique botanique dans le bassin amazonien.
Ses pensées voyageaient vers la jungle pour renouer avec les odeurs, les couleurs et les textures. «Recréer les plantes dans mes dessins évoque le changement de génération, la naissance d'un enfant. Nous appelons nos pensées des enfants. Ce sont des enfants spirituels, toujours présents. On essaie de faire ressortir cette figure ou récolter ce qui existait avant, mais ce ne sera plus jamais pareil. Tout change chaque jour. Les feuilles et les racines se multiplient, transformant ainsi de plus en plus leur forme de vie», a-t-il déclaré.
A sa mort, cet artiste considéré comme l'un des plus importants gardiens du savoir ancestral de l'Amazonie, a été salué par de nombreuses voix de condoléances. «Nous rendons hommage au maître Abel Rodríguez, qui, par ses mots et ses dessins, a préservé la mémoire écologique, spirituelle et culturelle des peuples autochtones du fleuve Cahuinarí. Son œuvre capture le lien entre l'humanité et la jungle. C'est un savoir qui perdure, s'épanouit et transcende », a souligné le Musée national sur son compte X, avec une image de l'arbre de l'abondance et un court texte de Rodríguez : « Je parle en devinant, et je peins en devinant. Alors que le palmier est dans mon esprit, j'en dessine les racines, le tronc, l'écorce, le bourgeon, les branches, je les dessine dans l'air et sur le papier. C'est un processus pour se souvenir, mais aussi pour deviner les mots, car c'est de là que naissent les choses ». L'ancien ministre de la Culture, des Arts et du Savoir, Juan David Correa, a déclaré :
« Vos arbres offriront de l'ombre à beaucoup d'entre nous pendant de nombreuses années. Merci, maître »
Le Musée d'Art Latino-Américain de Buenos Aires (Malba) a également déploré ce décès en soulignant que Rodríguez a inventorié de mémoire les espèces de la jungle avec une grande fraîcheur artistique et précision botanique. « Son intention était de préserver la sagesse orale de ses ancêtres, qui coulait autant dans ses veines que dans les branches et les racines des diverses espèces végétales glorifiées par les Nonuya comme source de nourriture et de vie. Ses dessins sont comme des cartes qui captent les principales caractéristiques de ces arbres, plantes et fleurs », a-t-il souligné sur le réseau social.
Son nom est devenu célèbre en Colombie, mais aussi sur la scène artistique internationale, où il s’est imposé comme l’un des artistes autochtones les plus reconnus aujourd’hui. En 2014, il a reçu le Prix Art et Nature de la Fondation Prince Claus aux Pays-Bas pour son travail et son lien ancestral avec la nature, en tant que connaissance fondamentale de la culture mondiale. Son travail a été exposé dans des lieux d’art contemporain internationaux, tels que la Biennale de Sao Paulo (2021), la Biennale d’art de Toronto (2022), la 23e Biennale de Sydney (2022), la Biennale de Kwangju en Corée (2023) et la Biennale de Venise (2024). « L’œuvre d’Abel Rodríguez est un trésor ancestral, un cadeau de la jungle à ce monde globalisé, totalisant et homogénéisé, dont la notion de progrès menace gravement la nature et la survie des êtres humains et des autres espèces », a écrit la Commission de la Vérité. « Son œuvre nous laisse une leçon profonde : regarder et écouter la jungle comme une bibliothèque vivante de connaissances et de souvenirs, et comprendre que l'art peut aussi être une forme de révérence, de résistance et de transmission culturelle » a conclu le Musée national dans son communiqué au nom du Système des musées nationaux.
Dans la file d'attente pour entrer dans la salle ROSA du Louvre où se trouve l'exposition "REVOIR CIMABUE", cette "Union du dessin et de la couleur" de Guido Reni m'a attiré l'oeil.
J'aime bien l'idée et sa représentation, la douceur de leurs regards, les étoffes... Du coup, ça a ouvert mon appetit d'en savoir plus sur l'artiste !
Si, comme moi, tu ne parles pas l'allemand,
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Le Printemps du dessin, c'est fini. Voilà l'été, même s'il pleut.
Mais j'aime faire des courbes lentes, alors j'ai décidé d'essayer de leur appliquer les couleurs du nouveau Front Populaire : Vert,Rouge,Jaune,Violet,Rose. J'ai apprécié ce petit moment de respiration dans la campagne. Comme une façon de prévenir le burn-out militant alors que l'inquiétude et la pression sur nous toutes et tous est si forte.
Et puis, en faisant cet exercice, j'ai aimé découvrir comment chaque couleur existe et répond aux autres. Intéressant aussi de voir ce qui se passe sur les zones de contact.
Camarade qui me lit : Prends soin de toi ! Respire. Espère
Alors que nous attendions l'avion du retour, nous avons eu la très belle surprise de pouvoir visiter une superbe expo de dessin au sein même de l'aéroport d’Istanbul. Les travaux de Jesus Briceño Reyes, un artiste vénézuélien qui crée et enseigne dans le monde entier, sont saisissants de vivavité.
Mientras esperábamos el avión de regreso, tuvimos la grata sorpresa de poder visitar una magnífica exposición de dibujo en el aeropuerto de Estambul. Las obras de Jesús Briceño Reyes, un artista venezolano que crea y enseña en todo el mundo, son sorprendentemente vibrantes.
A deux mains, avec Leidy, en pensant au collectif ENSADERS et en écoutant Joao Selva que nous avons eu la chance de rencontrer en concert à la Maison de la Musique hier. Merci Perrine !
Parmi les trois croquis du matin pour déverrouiller le regard, je choisis celui-ci à cause du défi improbable du corps qui chute, du questionnement sur la pesanteur, de la ligne d'horizon si basse et de la force des traits. J'aime autant le dessin que la photo qui en est à l'origine.
Autour de la première communiante vêtue de blanc :
Ses deux frères, Manuel avec sa première cravate et Fernando avec un petit noeud papillon,
La mère qu'elle entoure d'un bras affectueux et avec qui elle se relie par une main déposée sur l'épaule,
Le père sérieux, contrasté entre le noir du costume et le blanc immaculé de la chemise,
Ses deux grands-mères, la grand-mère maternelle fine et un peu effacée derrière le pot de fleur et la grand-mère paternelle au visage ridé et aux grosses mains
Corps en mouvement 4 L'intérêt avec les hachures, c'est de donner une direction au trait, ça construit bien le volume. C'est minutieux, patient, soigneux. On porte lentement le projet dans le trait. La main est très volontaire.
Il va falloir longuement s'exercer pour gagner en liberté.
"Una foto de familia en casa de la hermana Luz Marina en Bogotá. Aparecen nuestra madre Ana Elena, al lado del padre Arturo, detrás Camilo Ernesto, Jose Fernando, Luz Marina, yo el mayor, Manuel Arturo. Una reunión de familia, de no todos los días, por ese entonces ya vivía en París.
"Une photo de famille chez ma sœur Luz Marina à Bogotá. Notre mère Ana Elena apparaît à côté du père Arturo. Derrière : Camilo Ernesto, José Fernando, Luz Marina, moi l'aîné, Manuel Arturo. Une réunion de famille rare, alors que j'habitais déjà à Paris".
Il
y a elle, le nez au vent, chargée d'âge et de kilos, imperturbable avec
sa blouse orange et ses cheveux blancs, qui tente de cueillir l'instant
décisif avec son pinceau.
Et moi, qui regarde la
photo, essaie de dessiner cet instant-là et découvre que le photographe a
ironiquement poussé l'horizon dans le sens du vent.
Toujours à Pont-Aven : Alain et Sylviane au Bois d'Amour Feutre et crayons aquarellables. J'ai aimé jouer avec les différents noirs. Parmi eux, le noir d'ivoire est mon préféré.
J'ai préféré ne pas tout ombrer, et juste laisser les traits rapides des maisons pour mettre en valeur les 2 amis et la rivière. Le résultat est à la fois proche et éloigné de la photo de départ.