Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles

mardi 23 janvier 2024

Candelario Obeso, poète colombien de la négritude


Il chante la nuit, sa fraicheur et sa solitude
Le bruit des rames sur le fleuve
Il chante la complainte du marinier absent
l'espoir d'amour partagé
Il chante l'orgueil du travail et la sueur
La volonté de liberté

Candelario Obeso (12 janvier 1849 à Mompóx — 3 juillet 1884 à Bogotá) fut l'initiateur du courant de la « poésie noire et sombre » en Colombie. Né à Mompóx, dans une famille d'origine modeste, il fut pendant les 35 années de sa vie soldat, ingénieur, éducateur, ouvrier et homme politique, mais en plus de tout cela, il produisit une précieuse production littéraire originale.

En plus de deux articles controversés sur la population colombienne de son époque, Obeso a traduit Othello de Shakespeare et plusieurs autres œuvres de Victor Hugo, Byron, Musset, Longfellow, entre autres. Et il a également écrit des romances, des comédies, des textes pédagogiques et deux romans (La Famille Pygmalion et Les Choses du monde).

Mais sa création la plus marquante est sans l'ombre d'un doute Chants populaires de ma terre (1877), dans lesquelles il verse toute sa tendresse, son langage, sa sensibilité, sa malice et le lyrisme de sa race. Avec ces Chants, Candelario Obeso occupe une place de premier plan reconnue dans l'histoire de la littérature colombienne. Il est considéré comme l'un des premiers poètes noirs. Ce recueil qui rassemble toute son œuvre en vers est écrit dans une tentative de figuration de la langue dialectale, comme on l'entendait chez les paysans de l'époque, sur les rives du fleuve Magdalena.

Voir l'album ici



dimanche 8 mai 2022

Dieppe. Les châteaux de sable


Pour les vacances de printemps, nous sommes allés à Dieppe avec les enfants. Il ne faisait pas très chaud mais chaque matin, nous avons salué la mer en jouant sur la plage à marée basse. 

Et chaque jour, 
au rythme des marées, 
nous avons érigé des châteaux de sable.
Construction patiente,
Attente devant l'eau immense,
Stratégie de résistance.
Entre jeu et acte poétique qui célèbre l'éphémère.
Il y a du beau à vivre bien.





mardi 15 mars 2022

Variations sur Orphée et Eurydice


Où l'on travaille sur un autre mythe des Métamorphoses.
L'amour au-delà de la mort.

Souffles

Écoute plus souvent
Les choses que les Êtres
La Voix du Feu s'entend,
Entends la Voix de l'Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C'est le Souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire
Et dans l'ombre qui s'épaissit.
Les morts ne sont pas sous la terre :
Ils sont dans l'arbre qui frémit, 
Ils sont dans le bois qui gémit, 
Ils sont dans l'eau qui coule, 
Ils sont dans l'eau qui dort, 
Ils sont dans la case, 
ils sont dans la foule : 
Les morts ne sont pas morts.  

Écoute plus souvent 
Les choses que les êtres 
La voix du feu s'entend, 
Entends la voix de l'eau. 
Écoute dans le Vent 
Le buisson en sanglots : 
C'est le souffle des ancêtres morts, 
Qui ne sont pas partis 
Qui ne sont pas sous la terre 
Qui ne sont pas morts.

Birago Diop, « Souffles » (extrait), 
Leurres et lueurs, Présence africaine, 1960.




mardi 1 octobre 2019

Les formes du végétal. 2


Où l'on essaie de trouver les nervures
Voir l'album ici



Il était une feuille 
Robert Desnos

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur

Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur.

Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
Cœur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie vignes de chance vignes de cœur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.

mercredi 25 septembre 2019

Les formes du végétal. 1


Joie de reprendre les cours du mardi soir à l’espace d’arts des Terrasses
Voir l'album ici




Promenade de Picasso

Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle
une pomme pose
Face à face avec elle
un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
la pomme telle qu'elle est
mais
elle ne se laisse pas faire
la pomme
elle a son mot à dire
et plusieurs tours dans son sac de pomme
la pomme
et la voilà qui tourne
dans une assiette réelle
sournoisement sur elle-même
doucement sans bouger
et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz
parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait
la pomme se déguise en beau fruit déguisé
et c'est alors
que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la pomme sont contre lui
et
comme le malheureux indigent
comme le pauvre nécessiteux qui se trouve soudain à la merci de n'importe quelle association bienfaisante et charitable et redoutable de bienfaisance de charité et de redoutabilité
le malheureux peintre de la réalité
se trouve soudain alors être la triste proie
d'une innombrable foule d'associations d'idées
Et la pomme en tournant évoque le pommier
le Paradis terrestre et Ève et puis Adam
l'arrosoir l'espalier Parmentier l'escalier
le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette et l'Api
le serpent du Jeu de Paume le serment du Jus de Pomme
et le péché originel
et les origines de l'art
et la Suisse avec Guillaume Tell
et même Isaac Newton
plusieurs fois primé à l'Exposition de la Gravitation Universelle
et le peintre étourdi perd de vue son modèle
et s'endort
C'est alors que Picasso
qui passait par là comme il passe partout
chaque jour comme chez lui
voit la pomme et l'assiette et le peintre endormi
Quelle idée de peindre une pomme
dit Picasso
et Picasso mange la pomme
et la pomme lui dit Merci
et Picasso casse l'assiette
et s'en va en souriant
et le peintre arraché à ses songes
comme une dent
se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
les terrifiants pépins de la réalité.

jeudi 28 juin 2018

Rose bleue et Parole due


Juste pour saluer le soir. Ce poème d'Aimé Césaire.
Balayer la poussière des discordes passagères
Relativiser les démangeaisons des puces dérisoires



PAROLE DUE. Aimé Césaire

Combien de fleuves de montagnes de mers
de désastres penser combien de siècles
les forêts
parole due :
l'enlisement s'enroule seul le dur est arable
danse mémoire danse éligible l'invivable en son site
avance devance
laisse à l'horizon s'assoupir la caravane des mornes
le lion au nord qu'il éructe ses entrailles
au carrefour parmi la lave qui trop vite refroidit
tu rencontreras l'enfant
c'est du vent qu'il s'agit
de l'élan du poumon accompagne-le longtemps
avance
en chemin sans écarter les chiens le vent par toi vivant par toi-même les acharne
de tout ce que de montagne il s'est bâti en toi construis chaque pas déconcertant la pierraille sommeilleuse
ne dépare pas le pur visage de l'avenir bâtisseur d'un insolite demain
que ton fil ne se noue
que ta voix ne s'éraille
que ne se confinent tes voies
avance





samedi 12 mai 2018

Je suis dans la clarté qui s'avance





Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont toutes pleines de désir
Le monde est beau
Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres
Les arbres si verts, les arbres si pleins d'espoir
Un sentier s'en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie
Je ne sens pas l'odeur des médicaments
Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part
Être captif, là n'est pas la question
Il s'agit de ne pas se rendre
Voilà

Nâzim Hikmet





jeudi 1 décembre 2016

Moins cinq degrés / Cinco grados bajo cero

Cinco grados bajo cero
Cielo limpio
Frio seco
El mundo perfora mis ojos con blanco
Moins cinq degrés
Ciel net
Froid sec
Le monde transperce mes yeux de blanc




samedi 2 juillet 2016

L'Adieu / El Adios

Yves Bonnefoy est mort hier
Yves Bonnefoy falleció ayer


L'Adieu

Nous sommes revenus à notre origine.
Ce fut le lieu de l'évidence, mais déchirée.
Les fenêtres mêlaient trop de lumières,
Les escaliers gravissaient trop d'étoiles
Qui sont des arches qui s'effondrent, des gravats,
Le feu semblait brûler dans un autre monde.

Et maintenant des oiseaux volent de chambre en chambre,
Les volets sont tombés, le lit est couvert de pierres,
L'âtre plein de débris du ciel qui vont s'éteindre.
Là nous parlions, le soir, presque à voix basse
A cause des rumeurs des voûtes, là pourtant
Nous formions nos projets : mais une barque,
Chargée de pierres rouges, s'éloignait
Irrésistiblement d'une rive, et l'oubli
Posait déjà sa cendre sur les rêves
Que nous recommencions sans fin, peuplant d'images
Le feu qui a brûlé jusqu'au dernier jour.

Est-il vrai, mon amie,
Qu'il n'y a qu'un seul mot pour désigner
Dans la langue qu'on nomme la poésie
Le soleil du matin et celui du soir,
Un seul le cri de joie et le cri d'angoisse,
Un seul l'amont désert et les coups de haches,
Un seul le lit défait et le ciel d'orage,
Un seul l'enfant qui naît et le dieu mort ?

Oui, je le crois, je veux le croire, mais quelles sont
Ces ombres qui emportent le miroir ?
Et vois, la ronce prend parmi les pierres
Sur la voie d'herbe encore mal frayée
Où se portaient nos pas vers les jeunes arbres.
Il me semble aujourd'hui, ici, que la parole
Est cette auge à demi brisée, dont se répand
A chaque aube de pluie l'eau inutile.

L'herbe et dans l'herbe l'eau qui brille, comme un fleuve.
Tout est toujours à remailler du monde.
Le paradis est épars, je le sais,
C'est la tâche terrestre d'en reconnaître
Les fleurs disséminées dans l'herbe pauvre,
Mais l'ange a disparu, une lumière
Qui ne fut plus soudain que soleil couchant.

Et comme Adam et Ève nous marcherons
Une dernière fois dans le jardin.
Comme Adam le premier regret, comme Ève le premier
Courage nous voudrons et ne voudrons pas
Franchir la porte basse qui s'entrouvre
Là-bas, à l'autre bout des longes, colorée
Comme auguralement d'un dernier rayon.
L'avenir se prend-il dans l'origine
Comme le ciel consent à un miroir courbe,
Pourrons-nous recueillir de cette lumière
Qui a été le miracle d'ici
La semence dans nos mains sombres, pour d'autres flaques
Au secret d'autres champs « barrées de pierres » ?

Certes, le lieu pour vaincre, pour nous vaincre, c'est ici
Dont nous partons, ce soir. Ici sans fin
Comme cette eau qui s'échappe de l'auge.


El Adiós

Hemos vuelto a nuestro origen.
Fue el lugar de la evidencia, aunque desgarrada.
Las ventanas mezclaban demasiadas luces,
Las escaleras trepaban demasiadas estrellas
Que son arcos que se hunden, escombros,
El fuego parecía arder en otro mundo.

Y ahora hay pájaros que vuelan de una habitación a la otra,
Los postigos se cayeron, la cama está cubierta de piedras,
La chimenea llena de restos del cielo que van a apagarse.
Allí, por las tardes, hablábamos casi en voz baja
Debido a los rumores de las bóvedas, allí, sin embargo,
Formábamos nuestros proyectos: pero una barca,
Cargada con piedras rojas, se alejaba
Irresistiblemente de una orilla, y el olvido
Depositaba ya su ceniza en los sueños
Que sin fin recomenzábamos, poblando con imágenes
El fuego que ardió hasta el último día.

¿Es cierto, amiga mía,
Que no hay más que una palabra para nombrar
En la lengua que llamamos poesía
El sol de la mañana y el de la tarde,
Una para el grito de alegría y el de angustia,
Una para el desierto río arriba y los golpes de hacha,
Una para la cama deshecha y el cielo tormentoso,
Una para el niño que nace y el dios muerto?

Sí, lo creo, quiero creerlo, pero ¿qué sombras
Son ésas que se llevan el espejo?
Y, mira, la zarza crece entre las piedras
En el camino de hierba aún apenas abierto
Por el que nuestros pasos iban hacia los jóvenes árboles.
Hoy me parece, aquí, que la palabra
Es el pesebre medio roto del que se escapa
En cada amanecer de lluvia el agua inútil.

La hierba y en la hierba el agua que brilla, como un río.
Todo está siempre a la espera de que una vez más se lo ate al mundo.
Sé que el paraíso está diseminado,
Es tarea terrestre el reconocer
Sus flores dispersas en la hierba pobre,
Pero el ángel ha desaparecido, una luz
Que no fue, de golpe, sino un sol poniente.

Y como Adán y Eva caminaremos
Por última vez en el jardín.
Como Adán el primer pesar, como Eva la primera
Osadía, querremos y no querremos
Pasar por la puerta baja que se entreabre
Allá a lo lejos, en la otra punta del ronzal, coloreada
Como auguralmente por un último rayo.
¿Se toma el porvenir en el origen
Como cabe el cielo en un cóncavo espejo?
¿Podremos recoger, de esa luz
Que fue de aquí el milagro,
En nuestras sombrías manos la simiente, para otros charcos
En el secreto de otros campos "cercados de piedras"?

Por cierto, está aquí el lugar para vencer, para vencernos,
El lugar de donde salimos esta tarde. Aquí sin fin
Como esa agua que se escapa del pesebre.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

jeudi 4 juin 2015

Paris renace / Paris renaît

La ternura de la primavera se despierta por fin.
Algo ligero y claro sopla en el aire.
La gente sobre la hierba toma el sol
La gente en las terrazas chupa cerveza
La gente en su coche abre la ventana

Las camisas se arremangan,
las corbatas se aflojan,
las faldas se acortan y florecen.
Paris renace.


La tendresse du printemps se réveille enfin.
Quelque chose de clair et léger souffle dans l'air.
Des gens dans l'herbe prennent le soleil
Des gens aux terrasses sirotent leur bière
Des gens en voiture ouvrent la fenêtre.
Les chemises se retroussent, 
les cravates se desserrent, 
les jupes raccourcissent et fleurissent.
Paris renaît.

Reencontrar la alegria / Retrouver la joie

Alegria. Alegria. Alegria.
Reencontrar la alegria.
No una alegria de fiesta mayor o de bombos y platillos,
ni una alegria relampago de esas que hacen subir a las cortinas o volar sobre las aceras,
de esas alegrias locuaces y parlanchines que se dan a ver como en vitrinas.
No.
Reencontrar la alegria.
Quieta como una acuarela clara y ligera.
Subterránea. Profunda. Latente.
De color naranja o esmeralda
Con olor a lila.

Reencontrar la alegria
como una mirada que revela a las cosas su belleza.


Joie. Joie. Joie.
Retrouver la joie.
Non pas une joie de fête nationale et de grandes pompes,
ni une joie éclair, de celles qui font monter aux rideaux ou voler sur les trottoirs,
de ces joies bavardes qui se donnent à voir comme en vitrines.
Non. 
Retrouver la joie.
Calme comme une aquarelle claire et légère.
Souterraine. Profonde. Latente.
De couleur orange ou émeraude
à l'odeur de lilas.
Retrouver la joie 
comme un regard qui révèle leur beauté aux choses.


dimanche 10 mai 2015

Menta piperita


La menta
Como un baño en el agua fria del mar de Bretaña
En marzo, una caminata
El primer encuentro amoroso despues de una larga espera.
Las calles de Colonia.

La menthe
Comme un bain dans l'eau froide de la mer en Bretagne
Une randonnée en mars
La première rencontre amoureuse après une longue attente
Les rues de Cologne