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mardi 14 octobre 2025

Cousu de fil blanc



Je reprends le motif de l'eau et décide de coudre le papier avec du fil blanc. Il s'agit de surligner l'écume, la surface de l'eau, les formes des galets. Finalement, le fil apparaît anecdotique. 

Pour mettre en valeur le fil blanc, il conviendrait de coudre du papier blanc.

Voir l'album : Blanc

 

 




dimanche 20 juillet 2025

Faith Ringgold


C'est l'été et je me souviens du Quilt de Faith Ringgold à l'expo Paris Noir. A la Bibliothèque, je retrouve le catalogue de l'expo qui lui a été consacrée au Musée Picasso à Paris. Alors je me replonge dans sa vie et son travail.

C'est le fil et le tissu qui m'attirent d'abord. Il y a comme un clin d'œil de cette arrière grand-mère couturière que je n'ai pas connue, mais surtout un joyeux sourire destiné à la mémoire de ma mère et de ma grand-mère avec qui nous avons tant cousu et brodé. Car dans ma famille, les femmes cousent. Elles m'ont transmis ce savoir et cette appétence pour le "faire patiemment" des travaux d'aiguille. Elles m'ont légué l'affinité féminine des ouvroirs, avec ce souvenir de journées de vacances passées autour de la table de la salle à manger, chacune à son ouvrage. 

Et puis il y a chez Faith Ringgold ce choix d'écrire des histoires et de les représenter. J'aime ce mélange d'écrits, de couleurs, de fils et de matières, ce plongeon dans l'histoire de l'art pour la renouveler et y représenter des noir.es. J'aime ce besoin de s'envoler pour se raconter. C'est à travers tout cela que se construit son parcours d'artiviste afro descendante, militante des droits civiques, féministe. J'aime cette femme, sa pugnacité, sa joie contagieuse, sa représentation du monde.

Voir l'album ici






dimanche 22 octobre 2023

Hommage à Marinette Cueco


"tu ne vois pas, tu ne sais pas voir, au sol
sous tes pieds, les pétales fanés, les feuilles
brûlées, les brindilles, les écorces,
les mousses desséchées, les cailloux brisés,
les roches usées, les coquilles abandonnées,
(…) les pierres éclatées, les argiles colorées,
les mues, les peaux, les écailles, les poils,
les plumes, les duvets, les graines volantes,
les flottantes, les étamines, les pistils,
(…) les herbes renversées,
les bois pourris, les brisures, les fragments,
les éclats, les débris, les déchets… tu ne veux
pas les voir et pourtant ils sont la terre
".

(Marinette Cueco, Herbailles, Petits herbiers de circonstance, t.10. Bris et débris)


Que j'aurais aimé rencontrer Marinette et être son amie ou son élève
Elle est morte ce 19 octobre 2023 à l'âge de 89 ans.

Voir ici des bribes de son travail

Ecouter ici le phonomaton avec Marinette Cueco





samedi 21 août 2021

Sonrisa-Sourire-Sorriso

Mon sourire d'août 2021
Petit travail d'aiguille pour participer au projet de la compagnie dodue
Fil. Lien. Commun.
Quelque chose qui va dans le sens de la beauté du geste
Juste broder la volonté d'espoir



lundi 3 août 2020

Sous le charme des verdures d'Aubussson


Voir l'histoire des Verdures à Aubusson, sur le site de la Cité Internationale de la Tapisserie.
Voir aussi une collection de verdures et des photos de notre visite en juillet dans l'album ici





dimanche 19 juillet 2020

Marie-Rose Lortet

Au musée d'art naïf de Vicq sur Breuilh, une belle rencontre avec Marie-Rose Lortet, une créatrice textile qui tricote, tisse, coud et emmêle son oeuvre depuis plus de 50 ans.

Voir quelques photos de la visite ici




mercredi 15 juillet 2020

La famille dans la joyeuse verdure

En visitant la cité de la Tapisserie d'Aubusson, belle rencontre avec Léo Chiachio,Daniel Gianonne et leur chien Piolín. La profusion tropicale, l'esthétique amazonienne et la contagion créatrice de leur oeuvre est très gaiement interprétée par les lissier.e.s creusois.e.s

Découvrir ici le blog de suivi du projet



samedi 28 octobre 2017

Rebecca Louise Law. Quand Assembler devient magie


Au cours de la balade dans les jardins botaniques royaux de Kew, superbe rencontre avec Rebecca Louise Law. Elle y expose son oeuvre "Life in Death" composée d'un millier de guirlandes de graines et de fleurs sèches, inspirée par les guirlandes de Ramsès II, un rite funéraire de l'ancienne Egypte. En se promenant au milieu de cet amoncellement aérien de graines et de fleurs qui voltigent, on marche à travers "La Vie dans la Mort". On touche au mystère, à la magie. Même agnostique, on est touché par le "surnaturel".


mercredi 7 décembre 2016

L'histoire du tissu qui a enveloppé le Palais de Justice

Il y a quatre ans naissait l'atelier de Couture "Kilomètres de Vie et de Mémoire" à Bogotá. Et naissait aussi l'idée d'envelopper le Palais de Justice avec des tissus brodés et tissés racontant les histoires de centaines de victimes du conflit armé. 
Ce 4 décembre 2016, le rêve est devenu réalité. 
Quarante organisations de brodeuses y ont participé.

Source :  El Espectador

 Des dizaines de brodeuses ont cousu les histoires vécues par leurs communautés pendant un demi-siècle de conflit.

En comptant leurs pas et à l'œil nu, deux femmes de l'atelier de Couture "Kilomètres de Vie et de Mémoire" de Bogotá ont mesuré la taille de la zone qui entoure le Palais de Justice puis se sont embarquées dans le rêve "un peu fou" de l'entourer avec des grandes toiles tissées ou brodées. "Il n'y a jamais assez de tissus" ont dit les couturières qui voulaient construire la paix à travers un acte symbolique où la mémoire pourrait entourer la justice. Car selon elles, la justice continue à manquer dans les centaines de maisons de femmes colombiennes qui, à travers leurs broderies, font mémoire des souvenirs tragiques de la guerre et traduisent leurs espérances et leur soif de paix.

Plus de 500 mètres de tissu ont été nécessaires pour entourer le Palais de Justice au centre de Bogotá et atteindre l'objectif que s'était donné il y a quatre ans ce groupe de femmes qui se réunissaient pour coudre et cicatriser leurs blessures avec d'autres victimes du conflit. Quarante et une couturières des zones les plus vulnérables du pays, qui ont souffert les ravages de la guerre pendant un demi siècle, ont rejoint l'initiative. Des femmes qui venaient de El Placer (Putumayo), Bojayá (Chocó), Montes de María (Bolívar) ou de l'est d'Antioquia. Des dizaines d'organisations de défense des droits humains se sont unies à l'événement, qui cherchait à inclure les passants invités à raconter comment ils ont été affectés par le conflit, ce qui les a le plus impactés et de quelle manière ils construisent la paix.

L'an dernier, l'Atelier de Couture "Kilomètres de Vie et de Mémoire" est parti en car avec "40 femmes un peu folles, dont seulement deux avaient été invitées" à une rencontre du Réseau National des Brodeuses pour la Mémoire et pour la Vie. Elles ont découvert les travaux des différentes régions du pays, qui relataient les récits des femmes victimes de la violence de genre, celles qui avaient des parents disparus et celles dont les époux et les fils ont été assassinés. "Cet événement est conçu pour rendre visible la douleur d'autrui, comprendre que cette douleur est aussi notre douleur" explique Ofelia Castillo, directrice de la Fondation Tierra Patria.

Au cours de cette initiative, à laquelle ont participé d'autres collectifs de victimes et où des présentations théâtrales et musicales ont eu lieu, s'est exprimée la nécessité que justice soit faite. A deux heures de l'après-midi, l'assemblage de tous les tissus a commencé, après que les victimes du conflit et les brodeuses aient discuté avec les personnes présentes. Sonia Cifuentes, de l'Association Minga et de l'Atelier Couture Kilomètres de Vie et de Mémoire, souligne que l'objectif était de montrer "les histoires de douleur, les résistances et les rêves que nous avons. Reconnaitre que, tout en étant des victimes, nous construisons des récits depuis l'espérance, la joie et la diversité. C'est un processus de guérison des autres violences qui ont été vécues dans le pays".

Les brodeuses de Mampuján, à María la Baja (Bolívar), dont les familles, la communauté et le territoire ont été dévastés par le conflit, sont une des grandes références dans le pays en matière de réconciliation et de pardon. Avec leurs broderies qui se caractérisent par de multiples couleurs et des dessins de fleuves et de montagnes, elles font mémoire des années où les balles des paramilitaires de Diego Vecino, les menaces, les disparitions et les tortures ont détruit leur environnement. Mais tout n'est pas que tragédie, leurs travaux reflètent aussi les désirs de paix et l'espoir de reconstruire ces liens qui auparavant les tissaient ensemble en société.

"L'idée, c'est que avec toutes ces expériences face au conflit, les espérances de paix que nous avons puissent protéger, recouvrir le Palais de Justice. En plus, c'est une façon de montrer comment nous avons pu nous réconcilier, pardonner et aimer. C'est difficile de parler de paix à partir d'un cœur plein de haine. Nous devons nous réconcilier avec nous-mêmes et avec la nature, parce que nous lui avons fait beaucoup de mal" souligne Juana Alicia Ruiz, leader de l'organisation "Femmes qui tissent des rêves et des saveurs de paix".

A la Fondation Tierra Patria, une organisation de femmes afro-colombiennes victimes du conflit sur la Côte Caraïbe qui fait de la pédagogie pour la paix et les droits humains depuis plus de 15 ans, elle brodent leurs récits depuis 2014. Elles ont commencé avec un petit atelier à Cartagena et aujourd'hui, elles sont 200 femmes à broder. "Nous nous sommes rendues compte qu'il était nécessaire de trouver des espaces pour dialoguer et faire des accompagnements sociaux de manière collective. La couture a été la meilleure manière parce que c'est quelque chose du quotidien. Nous avons toutes appris à coudre l'ourlet d'un uniforme. C'est un espace pour dialoguer et soigner, où nous faisons aussi des ateliers de design, graphisme, peinture, gravure et autres techniques".

"Les femmes ne comprenaient pas le concept de mémoire historique, et chercher à représenter leurs sentiments était difficile. Nous leur avons dit qu'il ne s'agissait pas seulement de broder les faits traumatiques vécus par la communauté, mais aussi d'arriver à penser un futur différent, comme par exemple, qu'un déplacement leur avait permis de créer de nouveaux projets de vie. Broder est un processus qui n'en finit jamais, car une année après, elles modifient tout ce qu'elles avaient fait avant. Dans les ateliers de Montes de María et de Carmen de María, elles n'ont pas voulu recommencer à raconter leurs tragédies. Ce n'était pas une manière de fuir leurs sentiments de tristesse, c'est seulement qu'elles ont voulu se penser au futur et fermer les cycles de guérison" explique Ofelia Castillo.

A Sonsón, une de ces nombreuses communes de l'Est du département d'Antioquia qui était dans la zone d'influence *(des paramilitaires ACCU et) du Bloc José María de Córdoba de las Farc, les ateliers se sont mis en place lentement. Luz Dary Osorio, membre de l'Atelier des Couturières de la Mémoire de Sonsón, explique qu'elles n'aimaient pas coudre au début mais qu'en voyant la puissance de guérison et de reconstruction du tissu social de ces réunions, elles ont compris que c'était un espace pour se redéfinir en tant que personnes.

"Nous avons compris que la propre douleur pouvait être moindre que celle du voisin, que nous ne connaissions pas et dont nous ne savions pas qu'il était aussi victime du conflit. Avec l'atelier, nous avons vu que, entre nous toutes, nous étions capables d'affronter ce qui nous est arrivé, de guérir, de vivre sans nous enfermer et d'arrêter que l'on continue à nous écraser. Aujourd'hui, on n'aime pas être traitée de victimes, parce que ce n'est plus ce que nous ressentons. Ils nous ont amené des psychologues, et moi je n'aimais pas ça. C'est pour ça que les ateliers de couture, ont été pour moi la meilleure des thérapies, parce qu'avec la couture, je façonne ce que je ressens et je n'ai pas à le raconter : Je le brode" explique Luz Dary Osorio.

A six heures du soir, le grand ruban de toile a commencé à être replié. L'objectif était atteint : Reconstruire la mémoire et le tissu social à partir de la vision des différentes victimes du conflit en Colombie. Il manquait bien des points, des fils et des motifs pour rappeler des milliers de colombiens. Mais l'espoir que ces toiles soient des symboles contre l'impunité et l'injustice était apparu clairement. Les couturières sont l'exemple fidèle du pays qui n'oublie pas.

*(note de la traductrice CM)


lundi 6 juin 2016

Philomène, coudre les papiers colorés / Filomena, coser los papeles coloreados

Philomène était couturière. En 1907, elle avait accepté d'être le modèle de Sonia Terk avant que cette dernière ne devienne Sonia Delaunay. Pourquoi l'ai-je moi aussi choisie ? Peut-être parce que dans ma famille, les femmes étaient couturières ? Mon arrière-grand mère, ma grand-mère, ma mère... Chez nous, ça coud, ça brode, ça tricote, ça surfile, ça reprise, ça ourle, ça découpe.

J'ai pris bien du plaisir à coudre les papiers colorés
Clin d'oeil aux femmes de chez nous
Clin d'oeil à Philomène, la couturière de Sonia Terk
Clin d'oeil à S.Delaunay qui a appliqué aux tissus et aux vêtements ses recherches sur les couleurs.

Filomena era costurera. En 1907, habia aceptado ser la modelo de Sonia Terk antes de que esa pintora se llamará Sonia Delaunay. ¿Porque será que la escojí yo tambien? ¿Será quizás porque en mi familia, las mujeres eran costureras? Mi bisabuela, mi abuela, mi madre... En casa, se cose, se borda, se teje, se hilvana, se zurce, se dobla, se corta.

Coser papeles coloreados me ha gustado mucho.
Como un guiño a las mujeres de mi casa
Como un guiño a Filomena, la costurera de Sonia Terk
Como un guiño a S.Delaunay, quien aplicó sus busquedas sobre los colores a los tejidos y a la ropa.

samedi 4 juin 2016

Les métamorphoses de Sylvia Von Arden

En jouant avec les couleurs et les reproductions (photos et copies), j'aboutis à trois exemplaires papier et 12 photos. On y développe l'idée du quadrillage avec notamment, la reprise en coton à broder d'un des carreaux de la robe de la journaliste

Jugando con los colores y las reproducciones (fotos y copias), tengo tres ejemplares sobre papel y 12 fotos. Se desarolla la idea de la cuadrícula, la rejilla, con por ejemplo el zurcido con hilo de algodon de uno de los cuadros del vestido de la periodista


vendredi 3 juin 2016

Un portrait cousu de fil d'or / Un retrato cosido con un hilo de oro


Portrait cousu de fil d'or. D'après photo de Marie-Claude Vaillant Couturier (1956) J'ai aimé la poésie du geste de broder au fil d'or le portrait découpé : Coudre du papier pour relier l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche. Faire ainsi mémoire concrète de cette figure de la résistance. Elle est maintenant inscrite au fil d'or dans mon imaginaire.

Retrato cosido con hilo de oro. D'après photo de Marie-Claude Vaillant Couturier (1956). Me ha gustado la poesia del gesto de bordar con hilo de oro el retrato cortado: Coser el papel para enlazar el hemisferio derecho y el hemisferio izquierdo. Construir así una memoria concreta de esa figura de la resistencia y de la lucha anti-fascista. Ella está ahora inscrita con hilo de oro en mi imaginario

mercredi 13 avril 2016

Occupy l'Espace d'art

Quand des créatures occupent l'espace d'art... #NuitDebout à Nanterre
Okupas en la galeria de arte... #NocheDePie en Nanterre

Album : Ici / Aquí



jeudi 21 janvier 2016

L'humain d'abord / debout...


Il y a des créativités foisonnantes, de l'ordre du jaillissement et de l'explosion. D'autres sont des sources paisibles et patientes. En ce moment, je fais plutôt dans le jaillissement explosif, la profusion, le collectif, le "Tous ensemble", le multiple, le divers, les mouvements pluriels. C'est pourquoi, quand Catherine Van den Steen nous a proposé de bricoler un personnage debout pour commencer à travailler sur l'humain en volume, dans l’esprit d’Alex Burke dont nous avons côtoyé les poupées exposées pendant trois mois à l'Espace d'art des Terrasses, j'ai pensé non pas à UN mais à DES personnages, non pas à une figure individuelle mais à un groupe.

J'ai pris des bouteilles vides de différentes formes, mis des boules à la place du bouchon pour représenter la tête, je les ai recouvertes avec des chaussettes noires et collé des autocollants récupérés pendant des manifs... Simple, efficace, les messages des autocollants ressortaient. Genre: "Quand on est de gauche, on partage bien plus que des miettes", "Egalitée", "L'humain d'abord".

Catherine Van den Steen a remarqué avec raison que mes bouteilles habillées n'étaient que le support des slogans. Elle m'a demandé pourquoi toutes les figures étaient noires et ce que signifiait l'autocollant "Egalité(e)".

"Quand on est une femme ou quand on est noir, c'est plus compliqué d'être égal(e)" : Ce fut ma première réponse mais la question a continué à résonner et elle a débouché sur la personnalisation des figures, leur individuation. J'ai donc entrepris de les coiffer, les vêtir, leur coudre des yeux et une bouche. Elles sont femmes, elles sont noires, elles n'ont pas la même taille, l'une a des cheveux de paille et un poncho latino américain, l'autre une coiffe africaine et un collier, une autre porte un bébé dans son châle de dentelle. Dans ce processus de "personnalisation", j'ai eu envie de les nommer et j'ai brodé leurs prénoms : Léopoldine, Maria-Elena, Lilah. J'ai aimé à prendre le temps patient de la broderie pour matérialiser à travers leurs noms les personnes représentées par mes bouteilles habillées. J'ai pris du plaisir à "créer de la personnalisation", à matérialiser "l'humain d'abord".

Ecouter Tracy Chapman "Talkin' about a revolution"