Il y a l'image du couple dansant auprès ou dans la rivière, avec leurs peaux de bêtes autour du cou, les roches rosées ou mauves et la végétation qui s'incruste.
Alors, pour la bacchanale agricole de la Compagnie des Prairies, parmi les amitiés particulières que la danseuse et le danseur ont tissées avec les autres personnages du Théâtre des Corps Amovibles, je choisis ci-dessus le moment où se sont invités le Pêcheur à l'épervier, David et le Danseur d'Interstellar.
J'avais pris bien du plaisir en reprenant les couleurs chaudes de l'atelier d'Henri Manguin pour peindre grossièrement un des décors du théâtre, qui tout naturellement devient celui du tableau de la Gitane. J'ajoute au décor un petit chat en porcelaine de Cali, un foulard de tissu persan et une bouteille de verre colorié.
La Gitane d'Henri Manguin a invité ses copines, les 3 femmes à la Fontaine de Picasso. Il y a de la sororité veloutée dans l'air, une douce langueur aux parfums d'épices et d'eau claire. Parmi toutes les relations tissées entre les personnages du Théâtre des Corps amovibles, ces affinités féminines sont particulièrement sensibles.
Il a le regard perçant et les fesses à l'air dans la joyeuse verdure. C'est le pêcheur à l'épervier, l'un des 2 hommes nus de Frédéric Bazille. Son regard ouvert, à la recherche de l'autre, du poisson ou de l'oiseau, croise le regard des autres personnages ou les analyse.
Avec une présence éclatante du végétal et des jeux de lumière magnifiques, on pense à Chiachio et Gianonne.
Le combattant de bronze de Paul Landowski affronte ici un Goliath minéral et végétal. Dans la relation avec les personnages du Théâtre des Corps Amovibles, l'arme s'est dissoute.
Point n'est besoin de bombarder tous les alentours pour exister.
Oh David, David, quand donc cessera le jeu pervers du bourreau et de la victime ?
Eh oui, elles sont quatre auprès de la fontaine. Parce que les trois belles girondes de Picasso ont invité la Gitane de Manguin. Elles discutent benoitement au coucher de soleil alors que l'eau de la source babille et que la cruche en terre se remplit. Certains murs ocres du village commencent à s'assombrir alors que d'autres reflètent les derniers rayons du soleil. C'est l'heure féminine de la quiétude.
Bien sûr, auprès de la fontaine, tous les personnages du Théâtre des Corps Amovibles sont venus, qui pour boire un coup, qui pour discuter ou qui simplement pour passer.
Olivier nous propose de continuer à regarder, interpréter, composer avec le corps humain. Alors je choisis plusieurs cartes postales et j'essaie les aquarelles japonaises.
Conclusion 1. J'adore les aquarelles japonaises
Conclusion 2. J'aime bien interpréter les corps.
Conclusion 3. Si tu veux m'offrir un cadeau, l'aquarelle japonaise est une valeur sure.
Conclusion 4. Je préfère les corps des autres que le mien.
Au cours, Olivier nous propose de jouer à dessiner des figurines de comics pour travailler sur le mouvement et les proportions du corps humain. C'est intéressant parce que les articulations et les muscles sont particulièrement prononcés. Je commence à rentrer dans l'univers des comics. Il s'agit de dessiner des personnages fil de fer pour capter le mouvement général, puis les recouvrir de tubes et enfin sculpter les formes. C'est un bon exercice (Voir l'album ici).
Comme cet univers m'est complètement étranger, je vais chercher des livres à la Bibliothèque. Le stock de comics y est assourdissant. Mais je n'aime ni les monstres, ni la bataille entre les bons et les méchants, ni la vitesse, ni le plastique, ni les bombes, ni les effets spéciaux au cinéma, ni la doxa du pouvoir étasunien. Et je n'aime pas avoir peur.
Du coup, pour essayer de rentrer tout de même dans le truc, je documente les super-héroïneset j'apprends à identifier Wonder woman, Thor, Black Widow, Captain Marvel, She Hulk, Malicia, Miss Marvel, La Guêpe, Super Girl, Jessica Jones, Okoye, Squirrel Girl, La Sorcière Rouge, La Femme Invisible, Elektra, Spider Woman, Catwoman, la Tornade.
Et je commence à les dessiner. Hop hop hop, ça fait partie de l'empowerment.
Parmi les trois croquis du matin pour déverrouiller le regard, je choisis celui-ci à cause du défi improbable du corps qui chute, du questionnement sur la pesanteur, de la ligne d'horizon si basse et de la force des traits. J'aime autant le dessin que la photo qui en est à l'origine.
Autour de la première communiante vêtue de blanc :
Ses deux frères, Manuel avec sa première cravate et Fernando avec un petit noeud papillon,
La mère qu'elle entoure d'un bras affectueux et avec qui elle se relie par une main déposée sur l'épaule,
Le père sérieux, contrasté entre le noir du costume et le blanc immaculé de la chemise,
Ses deux grands-mères, la grand-mère maternelle fine et un peu effacée derrière le pot de fleur et la grand-mère paternelle au visage ridé et aux grosses mains
Corps en mouvement 4 L'intérêt avec les hachures, c'est de donner une direction au trait, ça construit bien le volume. C'est minutieux, patient, soigneux. On porte lentement le projet dans le trait. La main est très volontaire.
Il va falloir longuement s'exercer pour gagner en liberté.
Sur un fond bleu, le noir profond
La colonne qui supporte l'homme de douleur
Les 3 tortionnaires armés
La couronne d'épine et l'auréole
Les linges d'un blanc improbable
J'ai pris goût aux gif animés... En décomposant les planches de Muybridge et en habillant l'athlète comme sur les poteries grecques : Voici le corps en mouvement ! On remarquera que le bel élan est un peu incohérent. L'ordre des images dans le Gif est difficile à maitriser.