Oh
une vie passée à compter le temps
une vie manifestée par le temps Exaltation d'aller vers le blanc Inscrire la trace de l'irréversible Patiemment Quotidiennement
OPALKA 1965/1 -
Compter de manière continue de 1 à l'infini sur des toiles de mêmes dimensions, à la main, au pinceau et à la peinture blanche
Oh la solidité et la fragilité du temps qui passe
Oh la légèreté subtile de l'humanité
Oh sa limite
Respirer l'ombre
Respirer les lauriers du temps qui passe
Durer. Endurer. Tenir
Le Mooc-Pompidou nous a proposé de choisir une oeuvre emblématique de la lenteur, une oeuvre qui magnifie le geste artisanal et le travail patient, en permettant à celui ou celle qui regarde de ralentir. Parmi toutes les oeuvres présentées par les mocqueurs et mocqueuses, voici quelques belles rencontres :
Pierrette Bloch
Depuis les années cinquante, cette artiste (née le 6 juin 1928 et morte le 7 juillet 2017, à Paris) développe un travail rigoureux, tenace et humble. Son oeuvre est constituée de pièces de papier assemblées, avec des points répétitifs aléatoires, sur de larges franges horizontales ou des papiers verticaux, des lignes régulières serrées et des matériaux pauvres : collage, encre sur papier, bois pressé, corde ou crin de cheval. Quelquefois, pareils à des pentagrammes musicaux.
Elle explore les limites entre le dessin et la sculpture, avec des gestes spontanés qui rappellent la calligraphie, en créant une sorte d'écriture personnelle illisible, bien qu'elle refuse toute comparaison avec le texte. A partir des années 80, elle a commencé à travailler avec le crin de cheval, ce qui lui a permis de donner du volume à ses graphies abstraites.
A la surface d'une piscine bleutée, des bols de porcelaine blanche évoluent et tintinnabulent, créant un paysage visuel et auditif, à la fois apaisant et immersif.
La simplicité apparente de l’installation est inversement proportionnelle à la fascination qu’elle exerce sur le visiteur. Les récipients, qui se percutent dans un bassin circulaire sous l’effet d’un léger courant, produisent une mélodie similaire à celle générée par des bols tibétains. La persistance rétinienne et auditive engendrée par le dispositif invite ainsi le spectateur-auditeur à s’abstraire de son environnement pour se concentrer exclusivement sur l’écoute.
Koichi Kurita
La démarche de Koichi Kurita consiste à prélever chaque jour de la terre là où il se trouve. Après avoir collecté trente-cinq mille échantillons au Japon, il rassemble depuis 2004 des terres françaises, notamment dans les communes des vingt-huit départements bordant la vallée de la Loire.
Présentées sur le sol, sur des carrés de papier, dans un dépouillement qui rejoint la philosophie zen, elles expriment l’universalité de l’origine et la finitude de l’humanité : Selon Kurita, « tout vient de la terre et tout retournera à la terre ».
François Rouan
Capter la durée, la vitesse lente. Faire son maximum pour capturer du temps. Emprisonner le temps. Comment peindre cette réalité-là ? L'appréhension sensible des choses nous fait entrer dans un autre type de champ.
Le Mooc Pompidou nous invite à nous essayer à l'art conceptuel : "Nous vous proposons de choisir un mot et d’en donner 5 interprétations différentes, en faisant varier la couleur. En revanche, la forme du mot (sa calligraphie si vous l’écrivez à la main et le photographiez ensuite, ou la police d’écriture si vous utilisez un outil de traitement de texte) et sa taille ne doivent pas varier".
Avec le #MoocPicasso, pour se transformer en artiste CoBrA, j'ai fait appel à Karel Appel... Surtout l'occasion de découvrir les outils de peinture en ligne :
Au cours de la balade dans les jardins botaniques royaux de Kew, superbe rencontre avec Rebecca Louise Law. Elle y expose son oeuvre "Life in Death" composée d'un millier de guirlandes de graines et de fleurs sèches, inspirée par les guirlandes de Ramsès II, un rite funéraire de l'ancienne Egypte. En se promenant au milieu de cet amoncellement aérien de graines et de fleurs qui voltigent, on marche à travers "La Vie dans la Mort". On touche au mystère, à la magie. Même agnostique, on est touché par le "surnaturel".
Une semaine de vacances à Londres pour jouer aux "assemblages" : Mises en liens impromptus, superpositions improbables, regroupements aléatoires, libres ordonnancements, ramassage d'ordures, empilements désopilants. J'aime à faire l'enfant avec les objets.
Le MOOC-Pompidou nous propose de choisir 10 oeuvres de la collection du Musée pour construire une "Exposition destructrice", 10 oeuvres où l'artiste a mis en oeuvre le geste de détruire.
Lucio Fontana, Concetto Spaziale, La fine di Dio (63-FD.17), 1963
Oh Ohoh OHoooooooh Oh oh oh oh oh OHHHHH oh OOOO
ooooooo Oh Oh Oh Oh OH o Oh Ohoooo Le "oh" comme un trou, une fissureOh Ohoh OHoooooooh OOOOles traces d'une explosion, oh oh oh ohoh oh ohun espace ouvert, une faille, un vide, * * * * * une constellation
Francis Picabia, Danse de St Guy (Tabac-Rat), 1919-1920 / 1946-1949
A Salzbourg, la ville de Paracelsus, Picabia danse.
Il danse. Danse. Danse. Alors Saint Guy détruit.
De l'idole ne reste que le cadre, le titre et le nom de l'artiste.
Et l'artiste danse. Et le public danse avec lui.
Et le vide devient idole.