Je reprends le motif de la jeune femme en blanc sur fond rouge de Matisse.
Le blanc prend en main les opérations alors qu'il y a du bleu et du rouge primaire sur la palette. Et nous voilà avec une belle élégante en mauve et gris. On pourrait encore blanchir cette affaire, mais je décide d'en rester là pour ne pas éteindre les touches de couleur du fond.
Je reprends le motif de l'eau et décide de coudre le papier avec du fil blanc. Il s'agit de surligner l'écume, la surface de l'eau, les formes des galets. Finalement, le fil apparaît anecdotique.
Pour mettre en valeur le fil blanc, il conviendrait de coudre du papier blanc.
Voici que Mr Hulot fait bon ménage avec "el núvol blanc", le nuage blanc de Lluis Llach.
J'en avais assez des blancs tristes et inquiétants. Je cherche des blancs joyeux, enjoués, éclatants, lumineux. C'est un peu compliqué puisque je pars d'une base photocopiée.
Il va falloir partir sur du papier blanc.
Et peut-être coudre de fil blanc les photocopies ?
Sans se presser la vie coule et s’écoule
Comme un fil que le vent déroule, elle prend fin
Parfois nous sommes acteurs
parfois simples spectateurs
Sans se presser, sans y toucher, la vie reprend le rôle
qu’elle nous avait donné.
Sereinement la vague s’en vient, et puis se meurt
Peut-être accepte-t-elle sa fin, pour renaître.
Le sable qui l’aime d’amour
Ne sait pas ce qu’est l’attente
Il ouvre largement ses bras
Au cas où elle resterait
Ainsi seulement, je te laisse me quitter
Seulement ainsi, tu t’en vas et je te laisse aller
Pour toi, j’ai fait un nid dans mon arbre
Et il y a un nuage blanc accroché à une branche
Si blanc…
Si blanc…
Souvent c'est quand le soleil s’en va que tu le vois
triste, il sait que même s’il vieillit, tu l’aimes
Parfois nous arrivons tard
Parfois même sans savoir que parfois,
l’art fragile d’un simple geste, pourrait te dire que…
Seulement ainsi, je te laisse me quitter
Ainsi seulement, tu t’en vas, je te laisse aller
Pour toi, j’ai fait un nid dans mon arbre Et il y a un nuage blanc accroché à une branche
Si blanc…
Si blanc…
Pour toi, j’ai fait un nid dans mon arbre Et il y a un nuage blanc accroché à une branche
Si blanc…
Je suis passée à l'exposition "De mains en mains" organisée par le CAN (Collectif d'Artistes de Nanterre) à la Galerie des Tourelles. J'ai beaucoup apprécié de feuilleter les carnets, caresser les papiers, découvrir des matières et des formats inattendus, entrevoir les projets à travers les esquisses, toucher des gravures. C'était délicat, intime, généreux, tranquille, poétique.
En m'asseyant pour feuilleter les cahiers et les livres, j'ai eu envie de m'essayer à jouer avec les papiers, les fils et les formats. J'ai eu envie de créer. Comme si "toucher l'œuvre" me faisait toucher la main de l'artiste et me créait.
Et puis j'ai rencontré Claire Poisson, et j'ai adhéré au CAN. Je veux faire un stage de gravure.
J'ai voulu passer au blanc une des jeunes femmes en blanc sur fond rouge de Matisse. Ca répond à la commande du moment, mais franchement ça amortit tellement les contrastes que j'ai hâte d'en sortir.
Comme Olivier nous a mis sur les pistes du Blanc, j'ai regardé les papiers découpés de Matisse et retrouvé un dessin que j'ai décidé d'interpréter en blanc-vert. Je crois bien qu'il s'agit de Marguerite, la fille chérie du géant barbu que nous avions découverte au Musée d'Art Moderne au printemps dernier.
En regardant l'original et sa copie blanc/vert olive, je suis frappée par "l'impression amortie", la diminution du contraste, le "floutage global" exercés par le passage au blanc.
Avec Baldassare, nous nous croisons de temps en temps.
Notre idylle a commencé en 2017, quand j'ai choisi sa sprezzatura, pour illustrer le padlet du tendre au cours du Mooc-L'instant figé.
Un nouveau clin d'oeil en décembre 2024 l'a revêtu de bleu, de vert, de violet et de rose.
Le voici donc maintenant teint en blanc. Parce que par hasard, dans les papiers, j'ai retrouvé une petite photocopie de la peinture de Raphaël et qu'en ce moment, je repeins le monde en blanc. Voir l'album : Blanc
Le blanc va bien à Jacques Tati. Il y a là de l'absurde, de la modernité froide, de l'épure qui tranche avec la bonhomie à la pipe du personnage. Il y a du rire nerveux, de l'incompréhension, du burlesque déjanté. Léger ?
Le silence est privilégié on peut faire semblant d'être lourd pas d'être léger
Les ateliers d'Arts Plastiques ont repris et Olivier Millerioux nous propose de commencer avec "BLANC". Evidemment, je recherche "Blanc, Histoire d'une couleur" de Michel Pastoureau. Manuel a la gentillesse de l'offrir pour mon anniversaire.
Avant de plonger dans le blanc du livre, j'essaie de "penser le blanc" :
Où l'on en vient à construire une sorte de palais toscan imaginaire dans l'improbable lumière dorée d'un soir d'été aux odeurs d'ocre brûlé. Je laisse du papier blanc pour 2 raisons : Primo parce que le papier est de mauvaise qualité (ça gondole partout). Deuxio parce que le blanc éclaire la composition.
Autour de la première communiante vêtue de blanc :
Ses deux frères, Manuel avec sa première cravate et Fernando avec un petit noeud papillon,
La mère qu'elle entoure d'un bras affectueux et avec qui elle se relie par une main déposée sur l'épaule,
Le père sérieux, contrasté entre le noir du costume et le blanc immaculé de la chemise,
Ses deux grands-mères, la grand-mère maternelle fine et un peu effacée derrière le pot de fleur et la grand-mère paternelle au visage ridé et aux grosses mains
Sur un plus grand format (50 x 65), toujours attachée à l'ornithogallum dubium. Un travail plus long, plus fouillé dans le mélange de l'orange et du vert, auquel on ajoute du blanc. Attention au blanc qui éteint tout.
Vous, à la gorge rouge, étrangère hirondelle,
si vous voyez aller ma nymphe en ce printemps
pour cueillir des bouquets par cette herbe nouvelle,
dites-lui pour néant que sa grâce j'attend. Pierre de Ronsard,Les sonnets pour Hélène, XLIII (1578)
Sur un fond bleu, le noir profond
La colonne qui supporte l'homme de douleur
Les 3 tortionnaires armés
La couronne d'épine et l'auréole
Les linges d'un blanc improbable