Avec Manuel, Véronique et les enfants, nous sommes partis nous promener au Parc André Malraux avec le triptyque des rêves bleus. Nous nous sommes mis en scène à partir de l'image de départ Tenir ses rêves et nous avons pris des photos auprès du mur d'escalade et autour du lac avec la Défense et les Tours Aillaud en perspective. Nan-Terre est à nous.
Finalement, le projet "Tenir ses rêves bleus" garde la forme originaire du triptyque de la photo de départ. Il y a à droite une colonne des figures, au centre une colonne des non-figures et à gauche, une colonne des écritures. Chaque colonne est formée de 12 feuilles pourvues d'œillets et reliées par des fils. Chaque feuille est réversible et porte en son verso un fond acrylique de bleus peints sans eau.
Cela forme 3 rideaux qui bougent un peu et ne sont pas destinés à être sur un mur mais à permettre de passer entre deux espaces.
Pendant le cours, alors que je fais des lignes un peu courbes sur un fond bleu, Olivier me demande si j'écris en arabe. Je lui réponds : "Non, mais j'aimerais".
Alors je décide d'apprendre à écrire "bleu" en arabe.
Juste un stylo bille, juste des lignes qui se répondent, et comme la feuille est fine, le stylo bille creuse la feuille du dessous. Voilà qu'apparaît un rêve bleu inattendu :
Et revient un souvenir des années 80 en Espagne...
Avec la rentrée, l'atelier "Arts Plastiques" a repris ce jeudi. Changement de jour, de lieu et d'intervenant. Je retrouve mes beaux jeudis d'enfant, l'atelier a lieu à Nanterre, dans la salle d'Arts Plastiques Thomas Lemaitre et c'est olivier millerioux qui l'anime.
Il nous propose BLEU
Après le cours, je surfe sur le bleu. Je poursuis les pistes de Jacques Monory et d'Yves Klein. Des fenêtres s'ouvrent avec Jan Fabre, Geneviève Asse, Chagall et bien d'autres de ce côté-ci de la mer. Puis la vague bleue m'emporte au Japon avec les 36 vues du Mont Fuji, au Mexique chez les mayas, en Australie avec les aborigènes. Je salue aussi les céramiques perses et les pénétrables de Soto. Voir l'album ici
Il y a définitivement des océansdebleuset desmyriadesazurées
Parmi toutes les images proposées au cours du premier atelier, j'ai choisi une petite carte postale avec un triptyque d'une même vue urbaine à des moments différents, avec deux personnages. L'un d'eux ressemble à Erri de Luca, je ne sais pas si c'est vraiment lui ou pas. Peu importe, j'aime l'idée de le représenter. J'aime aussi la veste de velours et la casquette de l'autre personnage. Il y a un escalier à marches basses, une bouche d'aération, des tags effacés, des rainures sur la voie, des lumières avec des angles différents. Alors je commence à dessiner et à peindre bleu
Je découvre plus tard qu'en 2002, Yves Heck, l'auteur de l'image, a demandé à des passants d’imaginer comment ils pourraient concrètement, physiquement tenir leur(s) rêve(s), sans plus d’explication. Le résultat est une série couleur de 12 portraits en pied (40×60), présentés seuls, en diptyques ou en triptyques.
Alors, avec l'image de départ et le bleu, je décide d'interpréter Tenir ses rêves bleus
Et je change temporairement l'intitulé et le thème de couleur principal de ce blog jardinier.
Bleu de prusse ou de berlin, orangé et blanc. Il y a quelque chose de plus abouti dans les volumes du visage à cause du jeu entre l'ombre et la clarté. Et quelque chose de plus doux aussi.
Ce lundi, nous avons commencé à "broyer des pigments". Il y a quelque chose de très jouissif à tripatouiller la couleur, voir et sentir comment la poudre se marrie à l'eau et au liant. J'ai été particulièrement impactée par le bleu de prusse.
Paul Burty-Haviland, Florence Peterson allongée en kimono à fleur. 1909-1910. Musée d'Orsay
"Le bleu développe très profondément l'élément du calme.
Glissant vers le noir, il prend la consonance d'une tristesse inhumaine.
A mesure qu'il s'éclaircit, ce qui lui convient moins,
le bleu prend un aspect plus indifférent, jusqu'à devenir un calme muet".
Juste pour saluer le soir. Ce poème d'Aimé Césaire. Balayer la poussière des discordes passagères Relativiser les démangeaisons des puces dérisoires
PAROLE DUE. Aimé Césaire
Combien de fleuves de montagnes de mers
de désastres penser combien de siècles
les forêts
parole due :
l'enlisement s'enroule seul le dur est arable
danse mémoire danse éligible l'invivable en son site
avance devance
laisse à l'horizon s'assoupir la caravane des mornes
le lion au nord qu'il éructe ses entrailles
au carrefour parmi la lave qui trop vite refroidit
tu rencontreras l'enfant
c'est du vent qu'il s'agit
de l'élan du poumon accompagne-le longtemps
avance
en chemin sans écarter les chiens le vent par toi vivant par toi-même les acharne
de tout ce que de montagne il s'est bâti en toi construis chaque pas déconcertant la pierraille sommeilleuse
ne dépare pas le pur visage de l'avenir bâtisseur d'un insolite demain
que ton fil ne se noue
que ta voix ne s'éraille
que ne se confinent tes voies
avance