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mercredi 24 décembre 2025

Images de Colombie



Pour Noël, après nos vacances en Colombie, j'ai eu envie d'offrir des symboles colombiens aux enfants. J'ai dessiné un frailejon, des palmes à cire, des oiseaux et des fruits. Il y a largement de quoi dessiner en couleur...

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samedi 19 avril 2025

Abel Rodriguez, celui qui donne des noms aux plantes

Ses dessins sur la puissance de la forêt amazonienne ont attiré l’attention d’innombrables publics en Colombie et dans le monde entier. Abel Rodríguez, artiste et érudit de la communauté Nonuya, a consacré sa vie à immortaliser les espèces végétales et animales préservées dans sa mémoire. Il est décédé ce jeudi 10 avril 2025 à l'âge de 84 ans. « Ses œuvres témoignent avec force de la relation étroite entre l'homme et la jungle, et constituent une forme de résistance à l'oubli et à la disparition de la culture. Dans chaque trait, dans chaque récit, il a su capturer la richesse spirituelle, écologique et symbolique des peuples autochtones du bassin du fleuve Cahuinarí » a déclaré le Musée national de Colombie dans un communiqué de deuil.

Rodríguez est né en 1941 dans un territoire appelé "La Chorrera", niché entre la rivière Cahuinarí et le cours supérieur de la rivière Igara-Paraná, près de la frontière avec le Brésil. Son nom ancestral était Mogaje Guihu, ce qui signifie en espagnol « plumes de faucon brillantes ». Dans les années 1990, un déplacement forcé l’a contraint à quitter les profondeurs de la jungle. Les connaissances transmises par sa famille dès son enfance ont résisté à la cruauté de la violence contre les peuples autochtones et ont été préservées à travers des dessins et des mots. Ses œuvres montrent la finesse détaillée des feuilles, des branches, des arbres, des animaux et des rivières qui l’entouraient depuis son enfance. L'artiste a illustré plus de 400 arbres amazoniens avec une capacité fascinante qui lui a valu le surnom de « celui qui nomme les plantes».

«Enfant, j'étais curieux. J'ai appris des choses sur les plantes, les animaux et les mots grâce au mamo (chef spirituel), et c'est ainsi qu'au fil du temps, on m'a appelé "celui qui donne des noms aux plantes". Ce savoir n'est pas biologique, mais plutôt lié matériellement, spirituellement et émotionnellement à la jungle, à son énergie», a-t-il raconté dans un recueil de conversations de 2024 cité par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York. 

À son arrivée à Bogotá après son déplacement, il a pris contact avec l'ONG néerlandaise Tropenbos, qui promeut la conservation des forêts. Il avait travaillé avec cette organisation auparavant, en tant que guide pour identifier les plantes de son territoire. Depuis lors, ses dessins, en plus de devenir une source de revenus, ont permis la classification des espèces d'arbres et de plantes et ont contribué au développement de la recherche scientifique botanique dans le bassin amazonien.

Ses pensées voyageaient vers la jungle pour renouer avec les odeurs, les couleurs et les textures. «Recréer les plantes dans mes dessins évoque le changement de génération, la naissance d'un enfant. Nous appelons nos pensées des enfants. Ce sont des enfants spirituels, toujours présents. On essaie de faire ressortir cette figure ou récolter ce qui existait avant, mais ce ne sera plus jamais pareil. Tout change chaque jour. Les feuilles et les racines se multiplient, transformant ainsi de plus en plus leur forme de vie», a-t-il déclaré. 

A sa mort, cet artiste considéré comme l'un des plus importants gardiens du savoir ancestral de l'Amazonie, a été salué par de nombreuses voix de condoléances. «Nous rendons hommage au maître Abel Rodríguez, qui, par ses mots et ses dessins, a préservé la mémoire écologique, spirituelle et culturelle des peuples autochtones du fleuve Cahuinarí. Son œuvre capture le lien entre l'humanité et la jungle. C'est un savoir qui perdure, s'épanouit et transcende », a souligné le Musée national sur son compte X, avec une image de l'arbre de l'abondance et un court texte de Rodríguez : « Je parle en devinant, et je peins en devinant. Alors que le palmier est dans mon esprit, j'en dessine les racines, le tronc, l'écorce, le bourgeon, les branches, je les dessine dans l'air et sur le papier. C'est un processus pour se souvenir, mais aussi pour deviner les mots, car c'est de là que naissent les choses ». L'ancien ministre de la Culture, des Arts et du Savoir, Juan David Correa, a déclaré : « Vos arbres offriront de l'ombre à beaucoup d'entre nous pendant de nombreuses années. Merci, maître »

Le Musée d'Art Latino-Américain de Buenos Aires (Malba) a également déploré ce décès en soulignant que Rodríguez a inventorié de mémoire les espèces de la jungle avec une grande fraîcheur artistique et précision botanique. « Son intention était de préserver la sagesse orale de ses ancêtres, qui coulait autant dans ses veines que dans les branches et les racines des diverses espèces végétales glorifiées par les Nonuya comme source de nourriture et de vie. Ses dessins sont comme des cartes qui captent les principales caractéristiques de ces arbres, plantes et fleurs », a-t-il souligné sur le réseau social.

Son nom est devenu célèbre en Colombie, mais aussi sur la scène artistique internationale, où il s’est imposé comme l’un des artistes autochtones les plus reconnus aujourd’hui. En 2014, il a reçu le Prix Art et Nature de la Fondation Prince Claus aux Pays-Bas pour son travail et son lien ancestral avec la nature, en tant que connaissance fondamentale de la culture mondiale. Son travail a été exposé dans des lieux d’art contemporain internationaux, tels que la Biennale de Sao Paulo (2021), la Biennale d’art de Toronto (2022), la 23e Biennale de Sydney (2022), la Biennale de Kwangju en Corée (2023) et la Biennale de Venise (2024).

« L’œuvre d’Abel Rodríguez est un trésor ancestral, un cadeau de la jungle à ce monde globalisé, totalisant et homogénéisé, dont la notion de progrès menace gravement la nature et la survie des êtres humains et des autres espèces », a écrit la Commission de la Vérité. « Son œuvre nous laisse une leçon profonde : regarder et écouter la jungle comme une bibliothèque vivante de connaissances et de souvenirs, et comprendre que l'art peut aussi être une forme de révérence, de résistance et de transmission culturelle » a conclu le Musée national dans son communiqué au nom du Système des musées nationaux.

Source :  El País
Trad° CM

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samedi 20 juillet 2024

Fête Nationale

 
 

Pour ce 20 juillet, nous nous sommes retrouvés à la CASA COLOMBIA au Parc de la Villette pour célébrer la fête nationale. C'est là que la Colombie à Paris va se donner RV pendant tous les jeux olympiques. On nous a offert empanadas et aguapanela et on chanté l'hymne. Viva Colombia !

 




lundi 29 janvier 2024

L'espoir du chemin de fer


C'est en pensant à notre ami Chucho Zapata que nous avons voulu prendre le train à Bogotà. Il a été cheminot jusqu'à la liquidation des Chemins de Fers Nationaux de Colombie (FNC), puis il est parti à la recherche d'une vie meilleure en France. Nous aimons quand Chucho partage ses souvenirs.

C'est aussi la fascination pour le monde ferroviaire qui nous a poussé à vouloir prendre ce train. Avec la nostalgie d'une construction collective de progrès portée par le rail colombien à partir de 1882, avec la mémoire traumatique de la liquidation de l'entreprise en 1991 et avec l'espoir à saisir d'un nouveau développement du territoire porté aujourd'hui par le gouvernement Petro.

Tôt le matin, un dimanche, nous avons rejoint l'Estación de la Sabana, siège historique du Chemin de Fer de la Savane de Bogotá et des Chemins de Fer Nationaux de Colombie. C'est de là que part un petit train touristique qui emprunte ce qui reste de la ligne de Chemin de fer du Nord pour rejoindre Zipaquirá en passant par Usaquén. 

Bien sur, mettre 3 heures pour aller de Bogotá à Zipaquirá en locomotive à vapeur, soit 42 km et 1 heure en moyenne par la route actuellement, a quelque chose de désuet. Mais c'est un geste qui croit en l'avenir quand on sait que 3550 km de rails attendent le vrai retour du train en Colombie.




mardi 23 janvier 2024

Candelario Obeso, poète colombien de la négritude


Il chante la nuit, sa fraicheur et sa solitude
Le bruit des rames sur le fleuve
Il chante la complainte du marinier absent
l'espoir d'amour partagé
Il chante l'orgueil du travail et la sueur
La volonté de liberté

Candelario Obeso (12 janvier 1849 à Mompóx — 3 juillet 1884 à Bogotá) fut l'initiateur du courant de la « poésie noire et sombre » en Colombie. Né à Mompóx, dans une famille d'origine modeste, il fut pendant les 35 années de sa vie soldat, ingénieur, éducateur, ouvrier et homme politique, mais en plus de tout cela, il produisit une précieuse production littéraire originale.

En plus de deux articles controversés sur la population colombienne de son époque, Obeso a traduit Othello de Shakespeare et plusieurs autres œuvres de Victor Hugo, Byron, Musset, Longfellow, entre autres. Et il a également écrit des romances, des comédies, des textes pédagogiques et deux romans (La Famille Pygmalion et Les Choses du monde).

Mais sa création la plus marquante est sans l'ombre d'un doute Chants populaires de ma terre (1877), dans lesquelles il verse toute sa tendresse, son langage, sa sensibilité, sa malice et le lyrisme de sa race. Avec ces Chants, Candelario Obeso occupe une place de premier plan reconnue dans l'histoire de la littérature colombienne. Il est considéré comme l'un des premiers poètes noirs. Ce recueil qui rassemble toute son œuvre en vers est écrit dans une tentative de figuration de la langue dialectale, comme on l'entendait chez les paysans de l'époque, sur les rives du fleuve Magdalena.

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lundi 22 janvier 2024

Les églises de Mompox



Il y a les marques du passage du temps, l'esprit andalou des conquérants, la proximité du fleuve et ses possibles. Il y a la moiteur tropicale et sa langueur, l'opulence des verts, la végétation généreuse. 
Les oiseaux, les poissons, les lézards, les chevaux.
Il y a les âmes des noirs bogas navigants, les savoirs faire des orfèvres et des potiers. 
Le contraste joyeux des couleurs et des blancs dont on peint les murs.
Il y a les airs de piano, de clarinette et les accordéons du Vallenato.
Le dulce de limon. Les hamacs et les chaises à bascule.
Il y a les albarradas, les légendes et la ferveur.  

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jeudi 28 décembre 2023

A travès de la crysàlida: Maria Sybilla Merian (1647-1717)

 

En los baules de la Expedición Botánica que salío de España en 1783 hacia el Nuevo Reino de Granada, se encuentra toda una biblioteca conocida hoy en dia bajo el nombre de "Fondo Mutis". Dicha biblioteca cruzó el Atlántico, navegó por el río Magdalena hasta llegar a lomo de burro a Bogota...

En este "Fondo Mutis" que se conserva en la Biblioteca Nacional de Colombia en Bogotá, una de las más antiguas de América Latina, hay una copia de una reedición de la "Historia general de los insectos de Surinam y de toda Europa" escrita en alemàn por la señora Maria Sybilla de Merian, traducida al francés y al latín, publicada en 1771 en Paris por la editorial Desnos. Esta obra es destacada hoy en una exposición temporal que se prolongará hasta el mes de marzo de 2024.

¿Quién era Anna María Sybilla Merian?

  • Una joven alemana del siglo XVII, que solían calificar como medio bruja dada su pasión por las orugas, insectos, mariposas, hormigas, lagartos y otras criaturas consideradas en la época como animales diabolicos, surgidos del barro y la podredumbre. Ana Maria describió la metamorfosis y los entornos de estos insectos y reptiles con meticulosidad científica.
  • Una artista nacida en el seno de una familia de grabadores y pintores, que desarrollaron técnicas de ilustración botánica. Habiendose trasladado a Ámsterdam, se interesó tanto por el exotismo de los gabinetes de curiosidades que decide cruzar el Atlántico y llega a Surinam.
  • Una mujer libre, presbiteriana protestante, científica y viajera, que publicó sus libros por cuenta propia, que se divorció, se ganó la vida con su arte y compartió sus conocimientos con sus dos hijas que también se hicieron ilustradoras y publicaron nuevas ediciones de los libros de su madre.
  • Una precursora, una naturalista famosa en vida y luego echada al olvido durante casi dos siglos, cuya importante obra está siendo redescubierta y cuya importancia el mundo científico ha reconocido dando su nombre a una especie de araña (Metellina merianae), a una rana (Pseudis merianae), un sapo (Rhinella merianae), un lagarto (Salvator merianae), una mariposa (Catasticta Sybillae) y un cráter venusino llamado Merian.
Hoy es considerada como la madre de la ecología...

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jeudi 14 décembre 2023

"A travers la chrysalide : Maria Sybilla Merian (1647-1717)"

 

Belle découverte à la Bibliothèque Nationale de Colombie de Bogotà.

Dans les malles de l'Expédition botanique au nouveau royaume de Grenade, il y avait toute une bibliothèque connue aujourd'hui comme le "Fonds Mutis", qui traversa l'Atlantique, navigua sur le fleuve Magdalena et arriva à dos d'âne jusqu'à Bogotà...

Dans ce fameux "Fonds Mutis" conservé à Bogotà, se trouve toujours un exemplaire d'une réédition de "Histoire Générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe" par Mademoiselle Marie Sybille de Merian, traduite en français et en latin, parue en 1771 chez Desnos à Paris. Cette oeuvre est mise en valeur aujourd'hui par la Bibliothèque Nationale de Colombie, une des plus anciennes bibliothèques d'Amérique Latine, dans une exposition temporaire qui durera jusqu'en mars 2024.

Qui était donc Anna Maria Sybilla Merian ?

Une jeune sorcière allemande du XVIIème siècle, férue de chenilles, insectes, papillons, fourmis, lézards et autres bestioles considérées à l'époque comme des animaux du diable, nés de la boue et de la pourriture, qu'elle va décrire avec une minutie toute scientifique pour montrer leurs métamorphoses et leurs environnements.

Une artiste née dans une famille de graveurs et de peintres, qui va développer les techniques d'illustration botanique et s'intéresser tellement à l'exotisme des cabinets de curiosité qu'elle décidera de passer l'Atlantique pour rejoindre le Surinam alors qu'elle avait déménagé à Amsterdam.

Une femme libre, protestante presbytérienne, scientifique et voyageuse, qui édite ses livres à son propre compte, qui divorce, vit de son art et partage son savoir avec ses deux filles qui deviendront elles aussi illustratrices et publieront de nouvelles éditions des livres de leur mère.

Une précurseure, naturaliste renommée de son vivant puis oubliée pendant près de deux siècles, dont on redécouvre le travail considérable et dont le monde scientifique a consacré l'importance en donnant son nom à une espèce d'araignée (Metellina merianae), une grenouille (Pseudis merianae), un crapaud (Rhinella merianae), un lézard (Salvator merianae), un papillon (Catasticta Sybillae) et à un cratère vénusien nommé Merian.

On en vient aujourd'hui à l'appeler la mère de l'écologie...

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mardi 12 décembre 2023

Artisanal. Expoartesanias

Nous sommes allés à Corferias pour l'Expoartesanias où une multitude de créatrices et d'artisans venus de toutes les régions de Colombie, avec leurs techniques, matériaux, couleurs, transmission d'usages, se donnent rendez-vous chaque année. 

Rencontre des arts et des savoirs. Explosion de créativité patiente. Mise en valeur des matières et des process. Exposition de la diversité des régions et des populations. Je connaissais déjà les molas, les mochillas wayus, l'argile de Raquira, les paniers, les ruanas, les chapeaux volteados, la vaisselle de Carmen de Viboral, le vernis mopa-mopa de Pasto, la poterie noire de La Chamba...

J'ai découvert les écailles de pirarucu, l'écorce de yanchama, les bijoux en cocons de ver à soie...

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dimanche 22 octobre 2023

Rebecca, ma pauvre rebecca


Mi amor escribe :
Delante de la mítica Rebeca bogotana hoy huérfana,
olvidada como esperando el cambio desesperadamente,
con sed y
no hay agua.
Mira mi Rebeca, pobre mi Rebeca.

Mon chéri écrit :
Devant la mythique Rebecca de Bogotá, aujourd'hui orpheline,
oubliée, attendant le changement désespérément,
assoiffée,
il n'y a plus d'eau.
Regarde ma Rebecca, ma pauvre Rebecca.



samedi 20 mai 2023

L'art de la Comuna 13 de Medellín bienvenu à Marseille !

La France accueille le projet artistique et social de la Comuna 13 de Medellín 

Deux artistes de la 'Casa Kolacho' à Medellín seront accueillis en résidence de création à Marseille, la deuxième ville la plus peuplée de France. Au cours de cette résidence les artistes réaliseront une fresque murale de 70 mètres carrés sur la façade de l'atelier 'Méta 2'. 

Du 23 mai au 18 juin 2023, l'atelier 'Méta 2' à Marseille accueillera deux représentant.es de 'Casa Kolacho', un collectif d'artistes de la Comuna 13 de Médellín, pour une résidence de création. Pendant quatre semaines, grâce à l'Ambassade de Colombie en France et dans le cadre du Plan de promotion colombienne à l'étranger, les artistes 'La Crespa' et 'Bicho' partageront leurs expériences et leur travail à travers des rencontres, des ateliers et des échanges publics. 

Au cours de cette résidence, ils réaliseront une fresque murale de 70 mètres carrés sur la façade de l'atelier « Méta 2 », qui fera partie du parcours du MauMA, Musée des Arts Urbains de Marseille. 

Depuis deux ans, 'Méta 2' a lancé des recherches et des dialogues avec 'Casa Kolacho', avec la participation de Johanna Carvajal González, doctorante en études latino-américaines de l'université d'Aix-Marseille en cotutelle avec la Faculté d'Art de l'Université d'Antioquia. Elle travaille sur l'art urbain comme alternative à la violence dans les zones urbaines et rurales de Colombie. Grâce à elle, 'Méta 2' a pu entrer en contact avec des associations et des artistes locaux pour développer des échanges culturels avec Marseille et partager le projet de parcours d'art urbain 'Graffitour', en cours depuis plus de dix ans et qui a inspiré le projet mauMA. La création du parcours d'art urbain réalisé par le collectif « Casa Kolacho » à Medellín a contribué à la coexistence dans le quartier et à l'économie locale. 

L'art urbain, né de la résistance pacifique au contexte social colombien et qui se matérialise dans «Graffitour», est désormais connecté à la Méditerranée et aux mouvements urbains d'une cité interculturelle profondément ancrée dans les réalités migratoires actuelles. 

Cette résidence se veut une première étape pour générer des liens entre ces deux villes, un échange durable pour accueillir de nouvelles et nouveaux habitants, mais aussi des artistes marseillais.es à Medellín en 2024. De plus, ce projet artistique est l'occasion d'un dialogue de savoirs, de techniques artistiques et d'expériences dans des contextes similaires, mais dans des géographies différentes. Ces expériences contribuent à améliorer les conditions des communautés locales, à établir la création artistique en relation étroite avec les contextes historiques et sociaux, et cherchent à enrichir la production colombienne et sa circulation. 

Pour connaître l'agenda artistique à Marseille, vous pouvez écrire à : efrancia@cancilleria.gov.co





mercredi 4 septembre 2019

Carthagène des Indes. Les gens


Les portraits en aquarelle exposés au cloître du couvent des dominicains
Les évangélistes en pierre de la Cathédrale Sainte Catherine,
Une palanquera,
Deux belles noires en blanc à la porte de l'église
Un saint martin aux mains brisées
La cartagenera d'Enrique Grau

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lundi 2 septembre 2019

samedi 31 août 2019

Jardins botaniques


Etre bouleversée par la profusion et la diversité du vivant
Etre convaincue de l'urgence absolue de les protéger
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mardi 31 juillet 2018

Prologue du Grand Livre de la Cuisine Colombienne



Ecrire sur la cuisine colombienne ? Rien que d'y penser et ma géographie s'est remplie des arômes qui s'élèvent de toutes nos régions comme une brume délicieuse. La menthe, la coriandre, l'oignon vert et l'ail sont arrivés jusqu'à moi en courants d'air parfumés. Et soudain, j'ai senti qu'en fermant les yeux et en salivant un peu, je n'aurais pas à faire beaucoup d'efforts pour me rappeler et louer tous ces plats de chez nous, plats servis sous le hangar d'un marché de village, ou sur la table bien dressée d'une maîtresse de maison légitimement fière d'avoir hérité ses recettes de cuisine d'une grand-mère qui les lui avaient écrites en lettres cursives dans un cahier jauni.

Les assiettes garnies révèlent d'anciennes et nobles sources. Les ragoûts de chuguas, de cubios, de hibias qui épaississent les mazamorras de Boyacá ont clairement un goût indigène. Ceux de la Côte correspondent presque tous aux meilleures recettes de la cuisine des Caraïbes avec une présence de l'Espagne qui ressort de-ci de-là à travers un fruit confit, le point de cuisson du cochon grillé ou la ressemblance sans équivoque entre le pot-au-feu madrilène et notre faitout classique. Il est bon de rappeler que ce sont nos plantes qui ont apporté la nouveauté dans les casseroles de la péninsule ibérique au début du XVIè siècle. Et quand Roberto de Nola a publié son livre de cuisine à la demande du roi Fernando de Naples, dans une édition parue pour la première fois en 1477 et peu diffusée, les patates et les tomates n'existaient pas. C'est dans les caravelles que sont arrivés les fruits et les semences et à partir de ce moment-là, un vrai trafic d'arômes et de saveurs s'est développé et qui est allé jusqu'à son point le plus raffiné : les bulles dorées et bleues du chocolat, le cacao Theobroma, boisson des dieux.

Pour le Vieux Monde, le territoire récemment découvert avait un goût d'ananas et les indiennes ébahies se sont sûrement brûler les doigts plus d'une fois avec les projections brûlantes d'huile ou de beurre arrivés dans les tonneaux d'au-delà des mers. Les conquistadors ont appris à aimer ces racines dures qui sortaient de la terre : la yuca, l'arracacha, la mandioca sont devenues tendres et savoureuses à la chaleur des braises. Alors les salles à manger de la Colonie ont découvert le raffinement des mélanges. Le maïz pilé et assaisonné a recouvert les câpres et les olives. Le Tamal a surgi, synthèse de la nouvelle culture culinaire. Qui y songerait aujourd'hui quand on retrouve entre les feuilles de bananier ou celles plus dures du bijao cette boule de pâte qui s'assaisonne et se garnit suivant les régions et les familles ! Dans le Santander, on l'appelle ayaca et elle a des raisins secs. Dans le département du Cundinamarca, on y ajoute de la citrouille. Dans le Tolima, avec le riz, une rondelle de carotte et une autre de pomme de terre ne peuvent pas manquer. Certains y ajoutent une olive, d'autres une tranche d'oeuf dur. Mais dans tous les cas, quand le petit noeud de la ficelle se détache, il y a une bouffée d'odeur qui ouvre l'appétit et prépare les sens pour un délice majeur. Peut-être que, justement, le tamal est le meilleur exemple des difficultés d'un livre de cuisine. Qui a dit que l'on peut donner des recettes exactes ou des mesures parfaites ? Le livre de cuisine ne doit être qu'un texte d'incitations, un manuel d'images et de suggestions. Quelle formule précise pourra remplacer la pincée de ci ou ça qu'une cuisinière confirmée mettra comme touche personnelle à un plat que tous croient connaitre par coeur ? Chaque région réclame sa manière propre et l'échange des saveurs qui se nourrit à travers des vases communicants secrets trouve partout des nouvelles versions qui le transforment et l'enrichissent.

Et il en est ainsi, tant pour les plaisirs salés que pour les plaisirs sucrés. Rien ne rappelle mieux le temps de l'enfance et n'adoucit les souvenirs que de penser aux sucreries. "Le temps passé était plus doux" dit-on en évoquant bouchées et feuilletés, miels transparents, farines spongieuses et fruits déguisés. Tous les pays fondent en extase devant les miracles de leur pâtisserie propre. Et tous ont raison. En Colombie, chaque région affirme que ses délices exquis et ses mets délicats qui servent plus à goûter qu'à alimenter, ont été ou sont les plus célèbres.

A Bogotá, on savoure et on naufrage dans une mer de salive en se rappelant les obleas de Petronita ou le dessert aux crèmes de la Belle Dorotea. A Medellin, on n'oubliera jamais la parva de la Ñata, qui était distribuée de maison en maison dans de petits cartons de bois. A Ibagué, on fait l'éloge des Liberales des Santos. Dans le Santander, les pâtes de cidre et de céleri, pomme de terre-céleri et citron, de las Arenas. A Popayán, les glaces de Baudilia, faites avec la neige du volcan Puracé. A Calí, le mecato des Caycedo et les collations de misía Angelita. A Neiva, les petits pains assaisonnés de doña Emilia. A Manizales, le pain de yuca del señor Londoño. A Baranquilla, les conserves de fruits des Enríquez. A Santa Marta, la pâte de mangue des Goenaga. A Cartagène, les bonbons des Polanco, qui vont jusqu'à la plage sur la tête des noires. On pourrait continuer comme ça, de ville en ville, de table en table, comme on l'a fait pour l'enquête de plus d'un an qui a permis de réaliser ce livre, avec la collaboration de Colcultura. Mais un prologue est un apéritif et donc, il doit être mesuré et se limiter, comme son nom l'indique, à ouvrir l'appétit. Il est temps de passer à table.


Gloria Valencia de Castaño





mardi 6 mars 2018

Les Lavandières de la Seine


En feuilletant des livres sur l'eau à la bibliothèque, je suis tombée sur ce tableau qui se trouve aujourd'hui en Colombie, à Bogotá. Je l'ai reçu comme un clin d'oeil. Cette perspective du bateau lavoir et ces femmes au travail, l'eau verte de la Seine sur le côté gauche, l'eau bleutée ou mauve à travers les vitres, l'eau des baquets avec leurs reflets, l'eau qui coule du tissu essoré, la vapeur d'eau... Tout cela repose aujourd'hui dans les collections du Musée National à Bogotá, de l'autre côté de l'Atlantique.

Ces lavandières de la Seine ont été regardées et interprétés en 1887 à Paris par un peintre colombien, Andres de Santa Maria. Je me sens aujourd'hui dans l'obligation de traduire la biographie de cet homme entre deux rives et d'alimenter sa notice dans Wikipedia.

Histoire de creuser une affinité qui traverse les ans et les océans.
Histoires d'eaux
Affaire à suivre. Comme un marque-page dans un livre.
Aventure à poursuivre



lundi 5 mars 2018

Andrés de Santa Maria

Andrés de Santa María

Andrés de Santa María

Photographie du peintre colombien Andrés de Santa Maria
Information personnelle
Prénon NomAndrés de Santa María Hurtado
Naissancele 16 décembre 1860
Bogotá,
Flag of Colombia.svg Colombie
Décès29 avril 1945
(84 ans)
Bruxelles
Flag of Belgium (civil).svg Belgique
NacionalitéColombiano
Education
Alma máter
  • Université Nationale de Colombie 
Information professionelle
ÁreaMuraliste, sculpteur et peintre
DistinctionsExposition au Palais des Beaux Arts de Bruxelles

Andrés de Santa María Hurtado (Né à Bogotá, le 16 décembre 1860 - Mort à Bruxelles, Belgique, le 29 avril 1945) fut un plasticien colombien

Sommaire 
  • 1Biographie
  • 2Galerie des images
  • 3Expositions temporaires (posthumes)
  • 4Bibliographie

Biographie


Il fut le troisième des six enfants du couple formé par Andrés de Santa María Rovira, son père, et Manuela Hurtado Díaz, sa mère. A deux ans, il est emmené en Angleterre où il passe son enfance. En 1878, son père est nommé Chargé d'affaires de la Colombie en France, sous le gouvernement de Mac Mahon. Il étudie au Lycée Condorcet. En 1882, son père meurt et il entre à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, où il reçoit l'enseignement de Fernando Humberto et Enrique Gervex. Il a pour compagnons d'études Ignacio Zuloaga, Santiago Rusiñol et le prince Eugène de Suède.
En 1887, il peint Les Lavandières de la Seine (Collection du Musée National de Colombie) qui gagne le 1er prix et est exposé au Salon. En 1889, il peint trois portraits pour la Banque de Bogotá, dont celui de Matías de Francisco, le gérant de la Banque. En 1893, il se marie en France avec sa cousine, Amalia Bidwell Hurtado, avec qui il aura 8 enfants :  Elena, Amalia, Andrés, Ricardo, Magdalena, Raimundo, Carmen e Isabel. Cette année-là, il retourne aussi en Colombie où il expose ses oeuvres à plusieurs reprises. Parmi ses étudiants à l'Ecole des Beaux Arts de Bogotá, se trouvent Jesús María Zamora (peintre) et Fidolo Gonzalez Camargo. En 1894, nait sa fille Elena.


Andrés de Santa María avec son épouse Amalia Bidwell, dans l'atelier de l'artiste
En 1904 il est invité en Colombie par le président de la République, le général Rafael Reyes, pour diriger l'Ecole des Beaux Arts de Bogotá. Il y a implanté des classes de peinture avec modèle nu. Cette même année, il a organisé et participé à une exposition, origine de la première polémique artistique de l'art moderne en Colombie, avec ses oeuvres Les lavandières de la Seine, Marines, Chevaux buvant. Baldomero Sanin Cano, Ricardo Hinestroza Daza et Max Grillo participèrent à ce débat. Il créée l'Ecole Professionnelle des Arts Décoratifs et industrielles annexes, où il donne des classes de peinture et de sculpture. En 1910, il est chargé de coordonner la section artistique de l'Exposition Nationale du Centenaire, réalisée pour commémorer le 20 juillet. Il réunit 412 oeuvres de 99 artistes qui furent exposées dans le Pavillon des Beaux Arts du Parc de l'Indépendance. Il renonça à la charge de recteur de l'Ecole des Beaux Arts de Bogotá en 1911, revint en Europe et s'installa à Bruxelles.

En 1913, il s'installe à Paris où il cultive l'amitié avec Antoine Bourdelle. Au début de la première guerre mondiale en 1914 il déménage à Londres, voyage en Espagne en 1915 et expose à la galerie Benheim le jeune. A la fin de la guerre, il retourne en Angleterre. Son fils Andrés décède. En 1926, il peint le triptique du Capitole National qui représente Bolívar menant la campagne libératrice. En 1936, son oeuvre est exposée au Palais des Beaux Arts de Bruxelles. En 1937, il présente une exposition rétrospective dans la galerie Burlington de Londres, avec 125 peintures réalisées depuis 1907. En 1937, le livre Andrés de Santa Maria de André de Ridder (Editions de la Bascule, Bruxelles), la seule biographie sur Santa Maria publiée de son vivant. Il meurt le 29 avril 1945 à Bruxelles, il avait 85 ans.

Selon certains historiens d'art, son oeuvre qui oscille entre le symbolisme, l'impressionnisme, le fauvisme et l'expressionnisme, a marqué l'introduction de la peinture moderne en Colombie. Santa Maria a influencé notablement l'oeuvre d'artistes postérieurs comme Fídolo González Camargo et Roberto Páramo, ses disciples à l'Ecole des Beaux-Arts de Bogotá. En Amérique Latine, la critique d'art Marta Traba le situe à proximité du vénézuélien Armando Reverón et de l'uruguayen Pedro Figari.

La plus grande collection de ses oeuvres (environ 30 peintures à l'huile) est conservée au Musée National de Colombie, à Bogotá, qui possède des pièces emblématiques comme Sur la plage de Macuto (1907). Les autres collections publiques de ses oeuvres sont dans la Collection d'Art du Banco de la República, le Musée d'Art Moderne de Bogotá et le Musée d'Antioquia de Medellín.

Galerie des images
La toilette du bébé
Le Fleuve 
Le Chapeau noir 
Femme au panier I.  
Portrait de María Mancini à cheval.  
Figure sur fond vert.  
Autoportrait de Andrés de Santa María.  
L'espagnole.  
La bataille de Boyaca.  

Exposiciones temporaires (posthumes)

  • "Andrés de Santa María". Bogotá: Galerías de Arte (Avenida Jiménez) - Ministerio de Educación Nacional. Número de obras: 38 de Andrés de Santa María.
  • "Andrés de Santa María. Colección de Isabelle Pigault de Beaupré". Bogotá: Museo Nacional de Colombia, 1960. Número de obras: sin información.
  • "Andrés de Santa María". Bogotá: Museo de Arte Moderno, 1971. Curada por: Eugenio Barney Cabrera, Eduardo Mendoza Varela y Germán Rubiano Caballero. Número de obras: sin información.
  • "Andrés de Santa María". Medellín: Galería La Oficina, 1976. Número de obras: 9 de Andrés de Santa María.
  • "Andrés de Santa María, 1860-1945". París: Museo Marmottan, 1985-1986. Organizada por: Isadora de Norden, María Cristina Zuleta de Patiño, Ana Vejarano de Uribe y Francoise de Tailly. Número de obras: 51 de Andrés de Santa María.
  • "América, mirada interior: Figari, Reverón, Santa María". Bogotá: Biblioteca Luis Ángel Arango, 1985. Curada por: Biblioteca Luis Ángel Arango. Número de obras: 20 de Andrés de Santa María y 31 de otros artistas.
  • "Andrés de Santa María". Cali: Museo La Tertulia, 1987. Curada por: Miguel González. Número de obras: 35 de Andrés de Santa María.
  • "Andrés de Santa María: nuevos testimonios, nueva visión. Obras de las colecciones de Bélgica". Bogotá: Biblioteca Luis Ángel Arango, 1989. Curada por: Carolina Ponce de León. Número de obras: 75 de Andrés de Santa María.
  • "Andrés de Santa María (1860-1945): un precursor solitario". Colombia: Museo Nacional (Bogotá) y Sala Cultural Avianca (Barranquilla) / Venezuela: Fundación Museo Armando Reverón (Macuto) y Fundación Museo de Bellas Artes (Caracas), 1998-1999. Curada por: Beatriz González, Federica Palomero, Katherine Chacón y María Elena Huizi. Número de obras: 48 de Andrés de Santa María.
  • "Andrés de Santa María: los años colombianos, 1893-1911". Bogotá: Museo de Arte Moderno, 2014. Curada por: Halim Badawi. Número de obras: 42 de Andrés de Santa María y 31 de otros artistas.

Bibliographie

  • Badawi, Halim (2017): "La vida secreta del paisaje: Andrés de Santa María, la Hacienda El Vínculo, la propiedad de la tierra y los inicios de la pintura de paisaje en Colombia". En: Banco de la República (Bogotá), Subgerencia Cultural. Decir el lugar: Testimonios del paisaje colombiano. Bogotá: Banco de la República; pp. 115-131. ISBN 978-958-664-338-2
  • Badawi, Halim (17 de octubre de 2014): "El retorno de Andrés de Santa María". En: El Espectador (Bogotá).
  • Badawi, Halim (5 de noviembre de 2014): "Santa María brevemente". En: Arteria (Bogotá).
  • Museo Nacional de Colombia (1998). Andrés de Santa María (1860-1945): un precursor solitario. Bogotá: Museo Nacional de Colombia. ISBN 9588052246.
  • Museo de Arte Moderno La Tertulia (Cali) (1987). Andrés de Santa María. Cali: Asociación para la Promoción de las Artes.
  • Serrano Rueda, Eduardo (1988). Andrés de Santa María: pintor colombiano de resonancia universal. Bogotá: Museo de Arte Moderno de Bogotá. ISBN 9589058000.