Écoute plus souvent
Les choses que les Êtres
La Voix du Feu s'entend,
Entends la Voix de l'Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C'est le Souffle des ancêtres.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire
Et dans l'ombre qui s'épaissit.
Les morts ne sont pas sous la terre :
"La grande mère est la terre ; les pierres dans le corps de la terre,
ce sont, à mon avis, ses os, que nous devons jeter derrière nous. » Bien qu'ébranlée par l'interprétation de son époux, la Titanienne
hésite cependant à espérer, tant tous deux restent défiants
devant les avis des dieux ; mais quel mal y aurait-il à essayer ?
Ils descendent, se voilent la tête, dénouent leurs tuniques
et sur leurs pas, derrière eux, selon l'ordre reçu, lancent les pierres.
Ces pierres - qui le croirait, si l'antiquité n'en témoignait ? -
commencèrent à perdre leur rigidité et leur raideur,
à ramollir peu à peu et, une fois ramollies, à prendre forme.
Bientôt, quand elles eurent grandi et pris une nature plus douce,
une certaine forme humaine put apparaître, non évidente toutefois,
mais semblable à des ébauches de marbre, qui ne seraient pas
assez achevées et ressembleraient fort à des statues grossières.
Cependant, la partie de ces pierres, constituée de terre mêlée
à des sucs humides, se métamorphose pour servir de corps ;
la partie solide qui ne peut être pliée se change en ossements ;
ce qui naguère était veine, reste veine, et conserve donc son nom.
En très peu de temps, par la volonté des dieux, les pierres
lancées par les mains de l'homme prirent un aspect masculin
et de celles jetées par la femme fut reconstituée une femme.
C'est pourquoi notre race est dure, rompue à l'effort ;
et nous donnons la preuve de l'origine de notre naissance.
Et voici encore Deucalion et Pyrrha, avec leur tâche de reconstruire le genre humain. Les pierres de la Terre Mère lancées en arrière d'où surgissent des créatures dont la chair nue, neuve et légère interroge et s'interroge. J'hésitais à peindre le ciel d'un léger voile mais je décide de le laisser vide.
Oui, le ciel est vide. D'une part, parce que le contraste entre ce qui est peint et ce qui ne l'est pas est intéressant. L'absence de couleur est intéressante. Rajouter encore et encore des couleurs n'aurait fait que charger l'ensemble. Les deux anciens, Deucalion et Pyrrha, sont déjà un peu trop chargés. On va dire qu'ils le sont par le poids de la vie et l'expérience du déluge.
Et puis surtout, je décide de laisser le ciel vide parce que j'aime l'idée d'un ciel vide de dieux. Nous sommes au XXIè siècle. Je ne suis pas Rubens.
Au-dessus d'ces collines s'élève ma voix à jamaisÔ mon petit pays, ô Rwanda bien-aiméUn million de gouttes d'eau qui tombent de terre en cielUn million de nos tombes en trombes torrentiellesDe nos fosses profondes à nos points culminantsNous sommes debout maintenant les cheveux dans le ventÀ conjurer le sort qu'un désastre engloutiÀ se dire qu'on est fort, qu'on vient de l'infini...
sa poitrine délicate s'entoure d'une écorce ténue,
ses cheveux deviennent feuillage, ses bras des branches,
des racines immobiles collent au sol son pied, naguère si agile.
Une cime d'arbre lui sert de tête ; ne subsiste que son seul éclat"
Ovide, Métamorphoses, Livre 1 (548-552)
En regardant les images accumulées au long des siècles autour de ce mythe, j'ai vu aussi Apollonpoursuiveur amoureux, embrasé d'amour "comme les chaumes légers brûlent, une fois les épis coupés" et Cupidon qui "de son carquois empli de flèches, tira deux flêches aux effets opposés, l'une chassant l'amour, l'autre le faisant naître. Et j'ai vu le mouvement, la poursuite, la course éperdue qui aboutit finalement à une intégrité protégée pour elle et à une couronne de laurier pour lui.
Mais une chose est de voir, autre chose de donner à voir.
La composition est décalée vers la gauche et n'est pas lisible.
Les chairs manquent de matière.
La perspective du paysage n'est pas claire.
Le mouvement qui existait dans la gravure inspiratrice a disparu.
Hé hé hé... L'image n'est pas terminée ! Elle espère vos suggestions et vos solutions concrètes pour se métamorphoser. En attendant, je choisis de publier ici un croquis préliminaire, simple et léger, avec une Daphné en figuier libérée.