Un tour à l'Espace d'Art des Terrasses de Nanterre ce samedi pour découvrir le travail d'Hélène Kelhetter. Elle est en résidence de création jusqu'au 7 juin. Trois temps vont s'y travailler et s'y exposer : le temps du dessin, le temps de la germination, le temps des ateliers.
J'y ai retrouvé des choses aimées : les plantes, l'indigo, les graines, l'esprit tropical, les racines. En ce moment à l'Espace d'Art, c'est doux, ça répare, ça donne envie de se poser. Envie d'y retourner !
Pour saluer l'artiste en résidence avec un clin d'oeil de l'autre côté de l'Atlantique et l'entourer de ma sororité, j'invite ici la "Maria la Curandera" de Natalia Lafourcade, qui est devenu un chant de guérison porté maintenant par des chœurs de femmes dans toute l'amérique latine.
Il y a le grand format aux couleurs ocre et bleu. Il y a l'Egypte, le Nil, le pécheur, les paysans, les maisons nubiennes, les champs. Il y a le clin d'œil à Klee.
Et puis il y a le poids du mot et il y a le saut dans la Révolution.
« Ma règle principale — comme l’artiste oriental — est de peindre la nature telle que je la vois dans mon esprit, et non pas telle qu’elle paraît à l’œil ».
Alors que nous attendions l'avion du retour, nous avons eu la très belle surprise de pouvoir visiter une superbe expo de dessin au sein même de l'aéroport d’Istanbul. Les travaux de Jesus Briceño Reyes, un artiste vénézuélien qui crée et enseigne dans le monde entier, sont saisissants de vivavité.
Mientras esperábamos el avión de regreso, tuvimos la grata sorpresa de poder visitar una magnífica exposición de dibujo en el aeropuerto de Estambul. Las obras de Jesús Briceño Reyes, un artista venezolano que crea y enseña en todo el mundo, son sorprendentemente vibrantes.
Entre Orient et Occident, de retour à Istambul où nous sommes constamment passés d'une rive à l'autre, nous étions logés à deux pas de la tour de Galata et avons bien profité du quartier de Karakoy.
Feuilles de vigne farcies œil porte-bonheur chant du muezzin et salutations distingués à l’Atatürk.
Entre Oriente y Occidente, de vuelta en Estambul, donde pasábamos constantemente de una orilla a otra, nos alojamos a dos pasos de la Torre de Gálata y aprovechamos al máximo el barrio de Karakoy.
Hojas de viña rellenas ojo de la suerte canto del muecín y saludos distinguidos al Ataturk.
Où l'on traverse le Kizilirmak, « le Fleuve rouge », le plus long fleuve d'Anatolie qui parcourt 1.200 km dans les hauts plateaux avant de déboucher dans le Bosphore. Où l'on découvre les cheminées de fée et les villes souterraines. Où l'on parcoure les églises creusées dans la roche. Où l'on dort dans une chambre troglodyte. Où l'on voit les envols de ballon au lever du soleil. Où l'on essaie le tour du potier avec un jeune enfant. Où l'on goute les vins d'Urgüp vieillis dans des grottes.
Donde cruzamos el Kizilirmak,“el Río Rojo”, el más largo de Anatolia que recorre 1.200 km en las tierras altas antes de desembocar en el Bósforo.
Donde descubrimos chimeneas de hadas y ciudades subterráneas.
Donde exploramos las iglesias excavadas en la roca.
Donde dormimos en una habitación troglodita.
Donde vimos los globos despegar al amanecer.
Donde probamos el torno de alfarero con un niño.
Donde degustamos los vinos de Urgüp envejecidos en cuevas.
On ne sait si c'est la lumière, la proximité de la mer, la blancheur du calcaire ou la mémoire constamment interpellée qui enchantent à ce point nos sens en alerte.
Berceau des idées Bibliothèque de lignes et de couleurs Du beau à boire, à sentir, à voir et à manger
No sabemos si es la luz, la proximidad del mar, la blancura de la piedra caliza o la memoria constantemente cuestionada lo que tanto deleita nuestros sentidos en alerta.
Cuna de ideas
Biblioteca de líneas y colores
Belleza para ver, beber, oler y comer
Chambord, Chenonceaux, Tours, Blois, le Clos Lucé et finalement chez Marie-Andrée et Jean-Yves... Une belle virée dans le Val de Loire pour commencer le voyage avec les cousins.
Chambord, Chenonceaux, Tours, Blois, Clos Lucé y finalmente con Marie-Andrée y Jean-Yves... Un hermoso viaje al Valle del Loira para empezar el viaje con los primos.
Il y a les marques du passage du temps, l'esprit andalou des conquérants, la proximité du fleuve et ses possibles. Il y a la moiteur tropicale et sa langueur, l'opulence des verts, la végétation généreuse.
Les oiseaux, les poissons, les lézards, les chevaux. Il y a les âmes des noirs bogas navigants, les savoirs faire des orfèvres et des potiers.
Le contraste joyeux des couleurs et des blancs dont on peint les murs. Il y a les airs de piano, de clarinette et les accordéons du Vallenato. Le dulce de limon. Les hamacs et les chaises à bascule. Il y a les albarradas, les légendes et la ferveur.
Belle découverte à la Bibliothèque Nationale de Colombie de Bogotà.
Dans les malles de l'Expédition botanique au nouveau royaume de Grenade, il y avait toute une bibliothèque connue aujourd'hui comme le "Fonds Mutis", qui traversa l'Atlantique, navigua sur le fleuve Magdalena et arriva à dos d'âne jusqu'à Bogotà...
Dans ce fameux "Fonds Mutis" conservé à Bogotà, se trouve toujours un exemplaire d'une réédition de "Histoire Générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe" par Mademoiselle Marie Sybille de Merian, traduite en français et en latin, parue en 1771 chez Desnos à Paris. Cette oeuvre est mise en valeur aujourd'hui par la Bibliothèque Nationale de Colombie, une des plus anciennes bibliothèques d'Amérique Latine, dans une exposition temporaire qui durera jusqu'en mars 2024.
Qui était donc Anna Maria Sybilla Merian ?
Une jeune sorcière allemande du XVIIème siècle, férue de chenilles, insectes, papillons, fourmis, lézards et autres bestioles considérées à l'époque comme des animaux du diable, nés de la boue et de la pourriture, qu'elle va décrire avec une minutie toute scientifique pour montrer leurs métamorphoses et leurs environnements.
Une artiste née dans une famille de graveurs et de peintres, qui va développer les techniques d'illustration botanique et s'intéresser tellement à l'exotisme des cabinets de curiosité qu'elle décidera de passer l'Atlantique pour rejoindre le Surinam alors qu'elle avait déménagé à Amsterdam.
Une femme libre, protestante presbytérienne, scientifique et voyageuse, qui édite ses livres à son propre compte, qui divorce, vit de son art et partage son savoir avec ses deux filles qui deviendront elles aussi illustratrices et publieront de nouvelles éditions des livres de leur mère.
Une précurseure, naturaliste renommée de son vivant puis oubliée pendant près de deux siècles, dont on redécouvre le travail considérable et dont le monde scientifique a consacré l'importance en donnant son nom à une espèce d'araignée (Metellina merianae), une grenouille (Pseudis merianae), un crapaud (Rhinella merianae), un lézard (Salvator merianae), un papillon (Catasticta Sybillae) et à un cratère vénusien nommé Merian.
On en vient aujourd'hui à l'appeler la mère de l'écologie...
Nous sommes allés à Corferias pour l'Expoartesanias où une multitude de créatrices et d'artisans venus de toutes les régions de Colombie, avec leurs techniques, matériaux, couleurs, transmission d'usages, se donnent rendez-vous chaque année.
Rencontre des arts et des savoirs. Explosion de créativité patiente. Mise en valeur des matières et des process. Exposition de la diversité des régions et des populations. Je connaissais déjà les molas, les mochillas wayus, l'argile de Raquira, les paniers, les ruanas, les chapeaux volteados, la vaisselle de Carmen de Viboral, le vernis mopa-mopa de Pasto, la poterie noire de La Chamba...
J'ai découvert les écailles de pirarucu, l'écorce de yanchama, les bijoux en cocons de ver à soie...
Pour les vacances de printemps, nous sommes allés à Dieppe avec les enfants. Il ne faisait pas très chaud mais chaque matin, nous avons salué la mer en jouant sur la plage à marée basse.
Et chaque jour,
au rythme des marées,
nous avons érigé des châteaux de sable.
Construction patiente,
Attente devant l'eau immense,
Stratégie de résistance.
Entre jeu et acte poétique qui célèbre l'éphémère.
Besoin de partir, besoin d'ailleurs, besoin de mer.
Où l'on découvre les traces d'une civilisation mystérieuse aux temples souterrains et aux vénus rebondies.
Où l'on apprend que le nom de "Malte" vient de "Melita", couleur de miel que prend avec le temps la globigérine, pierre calcaire blanche qui forme l'île.
Où l'on voit les yeux des bateaux qui veillent sur les pêcheurs.
Où l'on entend parler l'arabe écrit en alphabet presque latin.
Où l'on comprend que le tourisme et l'investissement international font de l'île une bulle fiscale particulièrement accueillante aux gros banquiers peu regardants.
Où sort du robinet une eau sans goût puisqu'elle est produite par dessalement de l'eau de mer...
Alors qu'il y a une densité exceptionnelle de population sur l'île, on en vient logiquement à se demander dans combien de temps l'île va sombrer.
Les portraits en aquarelle exposés au cloître du couvent des dominicains
Les évangélistes en pierre de la Cathédrale Sainte Catherine,
Une palanquera,
Deux belles noires en blanc à la porte de l'église
Un saint martin aux mains brisées
La cartagenera d'Enrique Grau