Notre avenue Pablo Picasso est bordée de tilleuls.
Au mois de juin leur odeur de miel flotte avec la superbe insolence de Rimbaud en goguette. Voir l'album ici
Au milieu de la cour de notre immeuble, il y a un bel arbre dont la ramure donne un généreux ombrage en été. Je me suis intéressée à lui parce que Catherine Van den Steen nous a invité à dessiner et peindre des arbres. Je sais maintenant que c'est un frêne... Avec les livres de botanique de la bibliothèque municipale, j'ai pu reconnaître ses fruits : ce sont des samares.
Quand le gros de l'hiver sera passé, je chercherai ses gros bourgeons noirs veloutés.
En attendant, je l'ai dessiné et coloré. Voir l'album ici
Dimanche dernier, nous sommes allés au Louvre pour saluer la statue de Santa Barbara du Palais Episcopal de Bogotá avant son départ. Elle était là depuis septembre, exposée dans le cadre de l'année France-Colombie jusqu'au 15 janvier 2018.
Sainte Barbe, la grande martyre, est une figure majeure des dévotions populaires. Du Moyen Orientà l'Amérique Latine en passant par l'Europe, tout au long des siècles, on a trouvé dans l'histoire de cette jeune fille le moyen d'exprimer le besoin de protection pour affronter l'obscurité (les mineurs), le feu (les pompiers), les explosions et la mort (les soldats).
La statue colombienne de Pedro Laboria aux formes rebondies et au corps mutilé a une grande force expressive. Elle date de 1740 mais je n'ai pu m'empêcher de la regarder comme une représentation de la Colombie d'aujourd'hui :
Une nature exubérante, dorée, chatoyante, colorée, qui exerce son pouvoir de séduction sur tout.e.s celles et ceux qui la rencontrent.
La violence, palpable et choquante comme un sein tranché, et dont l'attrait morbide continue à hanter l'histoire du pays
L'impunité, comme ce grand couteau dont on ne peut ou ne veut pas voir la main qui l'a planté.
L'espoir d'une victoire dans l'au-delà de la paix, qui vient se nicher dans la palme que porte l'angelot.
Pour fêter la fin de l'année 2017 et bien commencer 2018, nous sommes partis à Florence. Histoire de se réjouir les mirettes et goûter l'art de vivre harmonieux de la Toscane. Bien nous en a pris de chercher le sillage d'Alberti : Monter au campanario de Giotto, faire le tour du Duomo, saluer l'église de Sta Maria Novella, se promener dans la campagne...
Et reste le beau souvenir d'une valse viennoise arrosée de prosseco, pendant le concert de la Saint Sylvestre sur la piazza della Signoria, à l'heure de minuit.
Et restent aussi quelques croquis maladroits... Voir l'album ici
Puntus centricus, jacens linea, pyramide visuelle : Un grand souffle méthodique renouvelle la création en fondant tout sur l'oeil du spectateur :
"Quant aux quantités transversales, voici comment je procède : j’ai une aire où je trace une ligne droite que je divise en mêmes parties que l’est déjà la ligne de base du rectangle ; puis je pose sur cette ligne un point unique aussi élevé que le point de centre l’est lui-même au-dessus de la ligne, divisée base du rectangle ; et, de ce premier point, je mène une ligne à chaque division de la base. Je décide alors la distance que je veux qui soit entre l’œil du spectateur et la peinture. Là, ayant établi l’endroit de l’intersection par une ligne perpendiculaire, comme disent les mathématiciens, je forme intersection avec toutes les lignes qu’elle rencontre."